Lycée professionnel : CAEN 10 juin 2026

Lors du dernier Conseil Académique de l’Éducation Nationale (CAEN), la CGT Éduc’action est une nouvelle fois intervenue pour défendre les lycées professionnels, leurs personnels et leurs élèves.

Ces prises de position s’inscrivent dans la continuité du travail que nous menons depuis des années et ces derniers mois auprès du Rectorat et de la Rectrice.

Sommaire : 

  1. Carte des formations : inégalités entre public et privé
    • LP Valéry-Larbaud (Vichy), CS Encadrement du secteur sportif

    • CAP Peinture Automobile, Lycée Einstein – Montluçon : un « gel » qui masque une disparition

  2. Internat du LP Gergovie : un besoin urgent non satisfait

  3. La sécurité des élèves en PFMP et en apprentissage

  4. Bac professionnel : des épreuves en conditions de canicule

  5. CCF : inégalités de traitement et remise en cause du diplôme national

  6. Dématérialisation des copies du Bac pro Stop !

  7. Moyens pour les lycées professionnels : contre l’austérité

🔴 Carte des formations : toujours le même traitement pour le public

La CGT Éduc’action a voté contre les modifications de la carte des formations professionnelles.

Nous constatons une nouvelle fois que les réductions de capacités et les fermetures touchent principalement les établissements publics tandis que l’enseignement privé continue d’être favorisé.

🧾 Documents rectoraux : 

📢 secteur encadrement sportif

Dans la carte des formations, le public perd 30 places pour seulement 15 places ouvertes en CS Encadrement du secteur sportif.
Dans le privé, on observe un équilibre : 15 places fermées / 15 ouvertes sur la même formation.

📍 LP Valéry-Larbaud à Vichy

Le Rectorat transforme la CS Animation-gestion de projets sportifs en CS Encadrement du secteur sportif, avec une baisse de 15 places.

Le Rectorat indique une capacité limitée (16 places) et des choix relevant d’orientations nationales.
La DAFPIC précise que ces formations doivent être demandées localement et jugées « insérantes ».

👉 La CGT dénonce :

  • une réduction de l’offre publique,

  • des CS qui ne sont pas des formations diplômantes, et qui n’ont aucune reconnaissance professionnelle et salariale,

  • un risque de relégation post-bac professionnel,

  • l’absence de BTS publics malgré une forte demande (notamment un BTS MCO à Vichy, inexistant dans le public mais très demandé dans le privé).

👉 Pour la CGT, les CS ne peuvent pas devenir la seule perspective post-bac. 

Elle revendique l’ouverture de BTS publics qualifiants, répondant aux besoins des jeunes et des départements, formations diplômantes Bac+2.

Elle alerte également sur le développement de certaines CS conçues pour répondre aux besoins immédiats d’entreprises privées, avec des débouchés réduits, ce qui interroge l’utilisation de fonds publics pour financer des formations très ciblées au bénéfice d’intérêts particuliers plutôt que des qualifications larges et reconnues.

📢 CAP Peinture Automobile – Lycée Einsteien, Montluçon

Lors du CAEN du 10 juin, le Rectorat a indiqué que le CAP Peinture Automobile du lycée Einstein n’est plus fermé mais désormais « gelé ».

Le Rectorat a expliqué que :

  • le diplôme ne figurera plus dans les plaquettes,

  • il ne sera plus accessible via Affelnet,

  • seule une éventuelle réouverture par apprentissage serait possible, à l’initiative de l’établissement.

➡ La CGT dénonce une décision qui, sous couvert de « gel », revient à organiser la disparition progressive du diplôme dans la voie scolaire.

La CGT alerte sur une formation rendue invisible pour les jeunes et les familles, donc condamnée à disparaître à court terme.

Elle conteste également les arguments du Rectorat (intégration au Bac Pro, manque de candidats), en rappelant que la formation est spécifique, insérante et répond à de réels besoins professionnels.

➡ Pour la CGT, il s’agit d’une logique comptable qui affaiblit l’offre de formation professionnelle sur le territoire.

📢 Internat du LP Gergovie : une situation qui ne peut plus durer

La CGT Éduc’action a profité de la présence de la Région pour demander la création d’un internat à proximité immédiate du LP Gergovie.

Elle dénonce des conditions d’accueil dégradées et inacceptables, nuisant à la qualité de vie des élèves.

La CGT demande l’abandon du projet de réhabilitation de l’ancien lycée Marie-Curie et la construction d’un internat neuf adapté aux besoins du lycée. 

➡ Nous avons porté un vœu en ce sens voté à 12 voix POUR (CGT, FSU et SUD) et 2 abstentions.

La Région indique ne plus disposer d’emprise foncière suffisante sur le territoire pour lancer une construction. Elle précise qu’un internat neuf nécessiterait environ 10 000 m², ce qui complexifie le projet.

Le projet de réhabilitation de Marie-Curie reste donc la piste privilégiée à ce stade.

⚠️ La sécurité des élèves n’est pas négociable

La CGT Éduc’action a rappelé les drames qui ont touché ces dernières mois et années des élèves de la voie professionnelle lors de PFMP et d’apprentissages.

Derrière ces accidents parfois mortels se posent toujours les mêmes questions :

➡️ formation à la sécurité insuffisante, 

➡️ encadrement défaillant, 

➡️ pression productive exercée sur des jeunes parfois mineur·es.

Nous continuons de dénoncer la réforme du lycée professionnel et refusons que la multiplication des PFMP et donc l’augmentation du temps passé en entreprise se fassent au détriment de la protection des élèves.

👉 Lire notre communiqué du 3 juin : Violences sexistes et sexuelles au travail : la protection des apprenti·es et des stagiaires est une urgence !

👉 Lire notre communiqué du 21 mai : Les jeunes ne sont pas une main d’oeuvre employable et jetable !

🌡️ Le déroulement du Bac pro dans des conditions inacceptables

Nous avons dénoncé les conditions dans lesquelles se sont déroulées les épreuves du baccalauréat professionnel, sous des températures caniculaires, sans anticipation suffisante du rectorat et du ministère.

Une nouvelle fois, les élèves de la voie professionnelle ont eu le sentiment d’être les oubliés de l’Éducation nationale.

👉 Lire notre courrier envoyé à Mme la Rectrice le 26 mai : Épisode de forte chaleur – conditions de passation des épreuves du baccalauréat

👉 Lire notre courrier envoyé à Mme la Rectrice le 30 mai : Alerte urgente concernant les conditions de passage des épreuves du Bac pro en période de fortes chaleurs

👉 Lire notre communiqué du 28 mai : Bac pro 2026 : des modalités d’examen et de corrections déplorables

Avant même le CAEN, la CGT Éduc’action a publiquement alerté sur les dérives liées à l’organisation des Contrôles en Cours de Formation (CCF).

Nous avons dénoncé :

➡️ des dates de remontée des notes différentes selon les établissements ;

➡️ des écarts de traitement entre spécialités, diplômes et territoires ;

➡️ une pression accrue sur les personnels chargés d’organiser et de faire remonter les évaluations ;

➡️ une remise en cause progressive du caractère national du diplôme.

Pour la CGT Éduc’action, les élèves doivent être évalués dans des conditions identiques sur l’ensemble du territoire. Le développement du CCF et la multiplication des calendriers locaux accentuent les inégalités entre établissements et fragilisent la valeur nationale des diplômes. Nous continuons d’exiger des examens nationaux garantissant l’égalité de traitement de tous les élèves.

👉 Lire notre communiqué : CCF : inégalités entre les élèves, pression sur les personnels, remise en cause du diplôme national

💻 Dématérialisation des copies du Bac Pro : une fausse modernisation

La CGT Éduc’action continue de dénoncer la dématérialisation des corrections du baccalauréat professionnel.

Présentée comme une avancée technique, cette réforme se traduit surtout par une dégradation des conditions de travail des personnels :

➡️ multiplication des problèmes techniques et de connexion ;

➡️ fatigue visuelle accrue liée au temps passé devant les écrans ;

➡️ transfert sur les collègues des contraintes matérielles et organisationnelles ;

➡️ augmentation de la charge de travail sans compensation ni décharge de service ;

➡️ corrections réalisées en parallèle des cours, du suivi des PFMP, des parcours différenciés et des autres missions de fin d’année.

Alors que les collègues sont déjà fortement sollicités, l’institution ajoute une contrainte supplémentaire sans améliorer les conditions de correction ni reconnaître le travail effectué.

Pour la CGT Éduc’action, cette dématérialisation constitue avant tout un outil de gestion administrative qui se fait au détriment des personnels. Nous revendiquons son abandon et le retour à des modalités de correction respectueuses des conditions de travail des enseignants et enseignantes.

👉 Lire notre courrier à Mme la rectrice du 9 juin

👉 Lire notre communiqué : Dématérialisation des corrections en Bac pro : un nivellement vers le bas !

✊ Des moyens pour les LP, pas l’austérité

Enfin, nous avons dénoncé les suppressions de postes et la baisse des moyens alors même que la démographie scolaire pourrait permettre d’améliorer les conditions d’étude des élèves et les conditions de travail des personnels.

La voie professionnelle mérite des moyens à la hauteur de ses ambitions : des postes, des formations qualifiantes, des locaux adaptés au changement climatique, des effectifs réduits et un véritable accès à l’enseignement supérieur public.

La CGT Éduc’action continuera à porter ces revendications auprès du rectorat, de la Région et du ministère.

N’hésitez pas à nous faire remonter les difficultés rencontrées dans vos établissements afin que nous puissions les porter collectivement.

👉Lire notre déclaration dans son intégralité

CGT Éduc'action Clermont-Ferrand