CAEN 10 juin : Collège, expérimentation dans le Cantal, carte des formations

Le Conseil académique de l’Éducation nationale (CAEN) s’est tenu le 10 juin et portait sur les moyens alloués pour la rentrée 2026 :

  • Les collèges, particulièrement fragilisés

  • Le Cantal : une expérimentation qui interroge sur l’avenir du réseau scolaire rural

  • Les lycées professionnels : carte des formations

📌Lire notre déclaration liminaire

✊Une nouvelle saignée dans les moyens d’enseignement

Alors que l’académie devrait perdre 976 élèves à la rentrée 2026 (-1,2 %), le Rectorat poursuit une politique de réduction des moyens avec la suppression de 49 emplois enseignant·es.

Pour la CGT Éduc’action, cette logique reste incompréhensible et inadmissible. La baisse démographique devrait être utilisée pour améliorer les conditions d’étude et de travail, réduire les effectifs par classe, renforcer les dédoublements et l’accompagnement des élèves.

Au contraire, les suppressions de postes continuent :

Cette politique intervient alors que la France reste l’un des pays européens où les effectifs par classe sont parmi les plus élevés.

📌Document du Rectorat

⚠Les collèges particulièrement visés

Les collèges paient le prix fort de cette rentrée.

Le Rectorat poursuit la mise en œuvre du dispositif « collège en progrès » dans 14 établissements présentés comme les plus exposés aux difficultés scolaires.

(Lire notre communiqué : Plan 800 collèges)

  • Allier :  

👉 collège François Peron, 👉 collège André Boutry, 👉 collège Jean Zay -Montluçon

  • Haute-Loire

👉 collège du Lignon

  • Puy-de-Dôme :

👉 collège Jules Ferry – Brassac-les-Mines, 👉 collège Gérard Philipe, 👉 collège Lucie Aubrac – Clermont-Ferrand, 👉 collège La Charme, 👉 collège Charles Baudelaire, 👉 collège Albert Camus, 👉 collège Roger Quillot, 👉 collège Anatole France, 👉 collège de la Durolle, 👉 collège Antoine Audembron

La CGT Éduc’action a dénoncé un dispositif mis en œuvre sans moyens suffisants. Pour cette année scolaire, les projets pédagogiques ne pourront être financés qu’au moyen d’heures supplémentaires plutôt que par des heures postes

Les collègues concernés dénoncent une mise en œuvre à marche forcée et des moyens très éloignés des besoins réels.

👉 La situation du collège Gérard Philipe à Clermont-Ferrand a notamment été évoquée. Avec un IPS de 70,5, il constitue l’un des établissements les plus défavorisés de l’académie tout en restant hors éducation prioritaire. Pour la CGT Éduc’action, les difficultés rencontrées par cet établissement nécessitent des moyens pérennes et non des dispositifs expérimentaux insuffisamment dotés. Une entrée en REP+ s’impose pour ce collège. Pourtant le ministère refuse d’étendre la carte de l’éducation prioritaire. 

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🚨Cantal : s’agit-il d’une expérimentation ou l’annonce d’un plan massif de suppression d’établissement scolaire ? 

Le point le plus marquant de ce CAEN concernait sans doute la présentation d’une expérimentation menée dans le Cantal autour de « l’aménagement des politiques éducatives ».

Le Rectorat a annoncé la création d’un Observatoire des dynamiques rurales chargé d’anticiper les effets de la baisse démographique sur les écoles et collèges du département.

Les projections présentées par les services académiques montrent une diminution importante des effectifs dans les années à venir.

Le but est clairement de revoir les cartes des écoles et des collèges. Des regroupement, des fusions d’écoles ont été annoncés. Mme le Rectrice a annonçait que 12 écoles parce que trop éloignés et isolés ne pourrait pas être fusionnées. 

25 à 27 établissements seraient concernées par ses restructurations. 

La CGT Éduc’action a demandé la liste des établissements concernés.

La Rectrice a refusé de communiquer ces informations, indiquant que les discussions étaient encore en cours avec les élu·es locaux.

Cette absence de transparence suscite de fortes inquiétudes. Derrière le discours sur l’anticipation démographique, c’est bien la question du maintien d’un service public d’éducation de proximité dans les espaces ruraux qui est posée.

La CGT Éduc’action a également souligné la contradiction entre une réflexion menée sur cinq ans concernant l’avenir des espaces ruraux et une gestion budgétaire qui reste annuelle.

Lorsque la Rectrice a évoqué la recherche du « bonheur des élèves », la CGT Éduc’action a rappelé qu’il était légitime de s’interroger sur les conséquences concrètes d’éventuels regroupements : allongement des temps de transport, éloignement des familles, recours accru à l’internat et fragilisation de la vie locale.

La Rectrice a présenté  les internats comme une piste d’avenir.

Pour la CGT Éduc’action, l’avenir des espaces  ruraux ne peut être pensé uniquement à travers le prisme de la baisse démographique ou de la rationalisation budgétaire.

⚠ Voie professionnelle : des inquiétudes toujours fortes

Le CAEN a également examiné plusieurs modifications de la carte des formations professionnelles.

La CGT Éduc’action est notamment intervenue sur le gel du CAP Peinture automobile du lycée Einstein ainsi que sur la multiplication des certificats de spécialisation au détriment de formations diplômantes de niveau BTS.

➡ Retrouvez notre compte rendu détaillé consacré à la voie professionnelle

❌ Vote de la CGT Éduc’action

Face à la suppression de postes dans les collèges et les lycées, à la généralisation du recours aux heures supplémentaires, aux inquiétudes sur l’avenir du réseau scolaire rural dans le Cantal et à l’absence de moyens permettant une réelle amélioration des conditions d’étude et de travail, la CGT Éduc’action a voté contre la répartition des moyens pour la rentrée 2026.

Nous continuerons à défendre un service public d’éducation de proximité, ambitieux et doté des moyens nécessaires sur l’ensemble du territoire académique.

CGT Éduc'action Clermont-Ferrand