La CGT dénonce l'impréparation de l'administration et porte les revendications des personnels.
Face à l’épisode caniculaire qui touche l’académie, un CSA A exceptionnel s’est tenu en visioconférence ce lundi 22 juin 2026.
Un rectorat sans réponse concrète
Au terme de cette réunion, force est de constater que le rectorat n’a apporté aucune réponse de fond aux nombreuses inquiétudes exprimées par les organisations syndicales.
La ligne directrice de l’administration est restée la même tout au long des échanges : renvoyer systématiquement les décisions au « cas par cas » et à la responsabilité des chefs d’établissement, des IEN et des DASEN, sans cadre académique clair ni mesures de protection renforcées pour les personnels et les élèves.
Concernant les examens, le rectorat a lui-même reconnu qu’ils ne se dérouleraient pas dans de bonnes conditions, tout en affirmant sa confiance dans les chefs d’établissement pour gérer la situation localement.
Des mesures limitées et disparates
L’administration a rappelé que les aménagements dépendaient essentiellement de la configuration des locaux et des possibilités offertes par chaque établissement.
Parmi les éléments évoqués :
- recours à des systèmes de refroidissement lorsque cela est possible ;
- possibilité de remboursement des dépenses engagées par les Régions pour les lycées et lycées professionnels ;
- adaptation des horaires de certaines épreuves professionnelles, parfois dès 7 heures du matin ;
- examen au cas par cas des sorties scolaires dans le premier degré ;
- gestion des internats par le dialogue avec les collectivités territoriales (ventilation, climatisation mobile, brumisateurs…).
L’ensemble de ces réponses confirme l’absence d’anticipation et de stratégie globale face à des épisodes climatiques pourtant prévisibles.
La CGT : pose la question de l’anticipation
La CGT a rappelé que cette situation était tristement prévisible.
Depuis plusieurs années, notre organisation alerte sur l’impact du réchauffement climatique dans les établissements scolaires et revendique un véritable plan pluriannuel de rénovation thermique du bâti scolaire.
La CGT a notamment demandé :
- la mise en œuvre d’un vaste plan de réfection thermique des bâtiments scolaires ;
- l’établissement d’un seuil d’alerte à 30°C dans les salles de classe ;
- des garanties réelles pour la sécurité des candidat·es et des personnels mobilisés toute la journée pour les examens ;
- des réponses pour les AESH sommées de rester dans des conditions parfois insupportables ;
- des solutions pour les élèves internes, des internats vétustes, avec des ouverture de fenêtres impossible…
Personnels fragiles : la CGT soutient les ASA et défend le droit de retrait
La CGT a soutenu la demande concernant la mise en place d’Autorisations Spéciales d’Absence (ASA) pour les personnels vulnérables.
Face à la réponse du rectorat renvoyant les personnels vers l’arrêt maladie sur présentation d’un certificat médical, la CGT a dénoncé une situation inacceptable :
les personnels fragiles subiraient une triple peine :
- des risques pour leur santé ;
- des locaux inadaptés pour travailler ;
- une perte financière liée au jour de carence et à la réduction de rémunération.
La CGT a également interrogé l’administration sur l’exercice du droit de retrait.
Réponse du rectorat : les situations seront examinées au cas par cas, sans cadre académique spécifique, l’administration rappelant qu’aucune réglementation comparable à celle mise en place durant la crise sanitaire du Covid n’existe aujourd’hui.
Une administration qui se défausse sur les établissements
Tout au long de la réunion, le rectorat a renvoyé les responsabilités vers les chefs d’établissement, les DASEN et les IEN.
La rectrice a indiqué qu’elle assumerait les décisions « in fine », mais sans annoncer de mesures académiques nouvelles.
Cette posture confirme le désengagement de l’administration face à une crise climatique dont les conséquences sur les conditions de travail et d’étude étaient pourtant largement prévisibles.
La CGT continue d’agir
Pour la CGT Éduc’action, les épisodes caniculaires ne peuvent plus être considérés comme des événements exceptionnels.
L’urgence est désormais :
- d’engager un plan massif de rénovation thermique des bâtiments scolaires ;
- de végétaliser les cours et les abords des établissements ;
- d’installer des protections solaires extérieures efficaces ;
- de garantir des conditions d’apprentissage et de travail compatibles avec la santé des élèves et des personnels ;
- de mettre en place de véritables mesures de protection pour les personnels vulnérables.
La CGT continuera de porter ces revendications lors de la FSSCT académique du 23 juin ainsi que dans toutes les instances à venir.

