Dans plusieurs lycées professionnels et SEP (Section d’enseignement professionnel) de l’académie de Clermont-Ferrand, les dates de remontée des notes et des bordereaux de CCF varient fortement selon les établissements… mais aussi selon les diplômes (Bac pro, CAP), les sections (industrie ou tertiaire) préparés allant du 22 mai au 12 juin 2026.
Ces écarts montrent une réalité de plus en plus préoccupante : les élèves ne bénéficient pas des mêmes conditions de formation ni du même temps d’apprentissage selon leur établissement ou leur diplôme.
Alors que certain·es élèves voient leurs évaluations arrêtées dès la fin mai, d’autres continuent les enseignements et leur préparation plusieurs semaines supplémentaires. Cette situation remet en cause l’égalité entre les candidat·es et fragilise le caractère national du diplôme.
De plus, les enseignant·es doivent d’année en année programmer les CCF de plus en plus tôt amputant là aussi les programmes enseignés aux élèves.
Le CCF transforme les examens en évaluations locales, organisées différemment selon les établissements, les moyens disponibles et les calendriers imposés.
Pour la CGT éduc’action, cette logique participe à une mise en concurrence des établissements et à une dévalorisation des diplômes professionnels.
Une charge de travail toujours plus lourde pour les personnels
Le CCF fait peser sur les enseignant·es une charge de travail considérable.
Les personnels doivent construire les sujets, organiser les évaluations, convoquer les élèves, reconvoquer les absent·es, assurer les surveillances, corriger les épreuves, remplir les bordereaux et effectuer les remontées de notes dans des délais toujours plus contraints.
Tout cela sans reconnaissance réelle du travail supplémentaire effectué.
Cette surcharge intervient dans une période déjà extrêmement tendue : surveillances d’examens, corrections, jurys, conseils de classe, suivi des élèves, organisation de fin d’année, maintien des cours, suivi des PFMP…
Le CCF désorganise également les établissements :
- cours banalisés ;
- emplois du temps modifiés en permanence ;
- multiplication des absences d’élèves dans d’autres cours ;
- surcharge pour les vies scolaires et les secrétariats ;
- réduction du temps réel d’enseignement…
À cela s’ajoute une pression croissante sur les collègues, placé·es seul·es face à l’évaluation de leurs propres élèves. Cette organisation peut conduire à des contestations de notes, à des tensions avec certaines familles et à une remise en cause de l’impartialité des enseignant·es.
Les personnels ne doivent pas être transformés en gestionnaires permanents d’évaluations au détriment de leur cœur de métier : enseigner.
Le CCC : une pression permanente sur les élèves et les personnels
Dans certaines matières professionnelles, le développement du contrôle en cours de formation continué (CCC) aggrave encore cette logique.
Avec le CCC, les élèves sont placé·es dans une situation d’évaluation quasi permanente : chaque activité, chaque exercice, chaque compétence validée peut compter pour l’obtention du diplôme.
Cette organisation entretient une pression constante sur les élèves, particulièrement dans une voie professionnelle qui accueille déjà majoritairement des jeunes issus des classes populaires et souvent fragilisés scolairement ou socialement.
Le CCC transforme progressivement les temps d’apprentissage en temps d’évaluation permanents. Les élèves travaillent sous la pression continue de la note et de la validation de compétences, au détriment des apprentissages, du droit à l’erreur et de la progression pédagogique.
Le recours à des logiciels de suivi par compétences accentue encore cette logique de contrôle permanent et d’évaluation morcelée.
Les enseignant·es passent toujours plus de temps à renseigner des grilles de compétences, à valider des items et à assurer le suivi administratif des évaluations.
Cette logique technocratique réduit les enseignements à une accumulation de compétences à cocher et participe à la déqualification des diplômes professionnels.
Pour la CGT Éduc’action, l’évaluation par compétences et le CCC renforcent une vision utilitariste de la voie professionnelle, tournée vers l’employabilité immédiate plutôt que vers l’émancipation, la qualification et la culture professionnelle des élèves.
Défendre une voie professionnelle ambitieuse et émancipatrice
Pour la CGT Éduc’action, les élèves de la voie professionnelle ont droit à des diplômes nationaux reconnus, à des enseignements ambitieux et à des conditions d’étude dignes.
Le CCF, la réduction du temps d’enseignement et l’éclatement des calendriers participent au contraire à une logique de tri social et d’adaptation immédiate aux besoins du patronat.
La voie professionnelle ne doit pas devenir une voie au rabais, où les élèves seraient évalué·es différemment selon leur établissement ou leur territoire.
La CGT Éduc’action revendique :
- l’abandon du CCF et du CCC ;
- le retour à des épreuves nationales, anonymes et ponctuelles ;
- une harmonisation nationale des calendriers ;
- le maintien des enseignements jusqu’à la fin de l’année scolaire ;
- une réduction de la charge de travail liée aux examens ;
- des moyens supplémentaires pour les lycées professionnels publics,
- l’abrogation de la réforme du lycée professionnel et de la réforme Blanquer.
Parce que les élèves de la voie professionnelle ont droit à l’égalité.
Parce que les personnels ont droit à des conditions de travail respectueuses.
Parce qu’un diplôme national doit rester national.


