Non à la police dans nos établissements ! Pour des moyens pour éduquer, prévenir et soigner !

Ces derniers mois, plusieurs faits de violence grave ont frappé la communauté éducative, parfois avec des armes blanches. Le 3 février 2026, à Sanary-sur-Mer, une enseignante a été poignardée en pleine classe par un élève de 14 ans, mettant sa vie en danger. D’autres attaques ont été recensées en moins d’un an, visant directement des personnels.

Ces faits sont d’une extrême gravité. Ils exigent une réponse à la hauteur.
Mais celle qui nous est proposée aujourd’hui ne répond pas aux enjeux.

UNE RÉPONSE : PLUS DE POLICE

Dans le Puy-de-Dôme comme ailleurs, des déploiements de polices se multiplient devant nos collèges (ex : Volvic) et nos lycées comme Lafayette… Ce jeudi 23 avril 2026, au lycée professionnel Gergovie à Clermont-Ferrand, des forces de l’ordre sont intervenues en nombre, accompagnées d’un chien, procédant à des fouilles de sacs d’élèves comme de personnels, à l’intérieur même de l’établissement.

Cette situation et toutes ces déploiements interrogent profondément :
La police peut-elle intervenir sans limite dans un lieu d’éducation ? Pourquoi franchir ses portes ?
Quelle banalisation de sa présence sommes-nous en train d’accepter ?

LA LOGIQUE RÉPRESSIVE EST UNE IMPASSE

Face à ces drames, répondre uniquement par la surveillance, les contrôles et la répression constitue une impasse.

L’école n’est pas un lieu de maintien de l’ordre. Elle est un espace d’émancipation, de confiance et d’apprentissage.

Installer la police dans les établissements, c’est :
– diffuser un climat d’angoisse
– fragiliser les relations éducatives
– substituer la suspicion au dialogue
– traiter les conséquences sans s’attaquer aux causes

UNE JEUNESSE EN SOUFFRANCE

Les signaux sont alarmants :
– 14 à 15 % des élèves présentent un risque de dépression
– plus d’un élève sur deux évoque des troubles psychologiques réguliers
– jusqu’à la moitié des jeunes présentent des symptômes dépressifs selon certaines études
– un jeune sur trois a déjà eu des pensées suicidaires
– près d’un sur deux souffre de troubles anxieux

Face à cela, quelle réponse de l’État ? La police.

Ces chiffres disent une réalité simple : on ne peut comprendre la violence sans regarder la souffrance.
Notre jeunesse a besoin d’écoute, d’accompagnement, de prévention et de soins.

Or aujourd’hui , il y a :
➡ un psychologue pour environ 1 600 élèves
➡ des services médico-sociaux saturés
➡ des délais d’accès aux soins toujours plus longs

DES MOYENS QUI DISPARAISSENT

Plutôt que de renforcer les équipes éducatives et de santé, les choix actuels vont à rebours :

– 4 000 suppressions de postes d’enseignants à la rentrée 2026
– environ 200 dans le département
– un manque criant de personnels en vie scolaire
– toujours un psychologue pour 1 600 élèves

Comment lutter contre les violences sans adultes en nombre suffisant ? Comment accompagner sans moyens humains ?

NOS REVENDICATIONS

La CGT éduc’action exige :
✔ la fin de la banalisation de la présence policière dans les établissements
✔ un plan massif de recrutement (enseignant·es, AED, infirmier·es, médecins scolaires, psychologues)
✔ le renforcement des services publics de santé, notamment en santé mentale
✔ une politique fondée sur la prévention, l’accompagnement et le soin

CGT Éduc'action Clermont-Ferrand