PAS : L’Éducation nationale passe en force et méprise les AESH !

COMMUNIQUÉ ACADÉMIQUE

Après deux refus de l’Assemblée nationale, l’exécutif impose le déploiement national des pôles d’appui à la scolarité (PAS) en remplacement des PIAL (Pôle inclusif d’accompagnement localisés) sans évaluation des expérimentations qui avaient eu lieu dans certains départements, ni véritable concertation avec les personnels.

Et ce sont les AESH qui paient une nouvelle fois le prix fort.

En effet, l’été aura été particulièrement brutal pour les accompagnant.es d’élèves en situation de handicap. Dès la deuxième semaine de juillet, en pleine période de congés, des AESH ont reçu sur leur boîte mail professionnelle un avenant à leur contrat actant leur passage en PAS. Une méthode qui interroge d’autant plus que la circulaire de 2019 prévoit qu’un avenant au contrat de travail doit être transmis avec accusé de réception. À compter de sa réception, l’agent.e dispose d’un mois pour le signer, faute de quoi une procédure de licenciement peut être engagée.

Mais qui consulte sa boite professionnelle pendant ses congés ? Le droit à la déconnexion ne porterait-il que le nom ?

Certain.es collègues n’ont découvert leur avenant que fin août, dans l’angoisse, sans interlocuteur, disponible au Rectorat pour répondre à leurs questions puisque les services étaient fermés.

« Signe et tais-toi »

La colère est immense. Aucune réunion d’information, aucun courrier explicatif : les AESH découvrent une modification de leur contrat sans avoir été informé.es de ce que recouvre réellement le dispositif PAS.

Et les rares informations disponibles sont particulièrement inquiétantes : les PAS couvrent des territoires très vastes, avec potentiellement une multitude d’établissements d’affectation. Les changements peuvent intervenir en cours d’année en fonction de l’évolution des besoins, sans véritable sécurité d’affectation.

À cela s’ajoutent des déplacements potentiellement considérables, incompatibles avec le niveau de rémunération des AESH.

Des licenciements massif ? Il ne faudra pas feindre la surprise.

Aucune garantie n’est aujourd’hui apportée sur les futures missions des AESH. Et aucune revalorisation salariale n’est prévue, alors même que les deux premiers échelons de la grille rejoignent désormais le troisième : un.e AESH débutant.e peut ainsi percevoir le même salaire qu’un.e collègue ayant neuf ans de contrat.

Dans ces conditions, il ne faudra pas s’étonner que certain.es AESH envisagent la sortie.

Un licenciement pour modification substantielle du contrat peut ouvrir des droits au chômage ainsi qu’à une indemnité de licenciement. Pour des personnels déjà confrontés à la précarité, cette possibilité peut malheureusement apparaître comme une porte de sortie face à un métier dont les conditions continuent de se dégrader.

Pourquoi cette précipitation ?

Une question demeure : pourquoi généraliser les PAS à marche forcée alors qu’aucune évaluation des départements expérimentaux n’a, à ce jour, été produite ?

L’école inclusive ne peut pas être construite dans le bricolage permanent, ni contre les personnels qui la font vivre.

Les AESH ne sont pas une variable d’ajustement. Ils et elles exigent des missions claires, des affectations sécurisées, des moyens humains suffisants, une véritable reconnaissance professionnelle et un salaire digne. Il est plus que temps que tou.te.s les AESH accèdent au statut de fonctionnaire.

Le ministère doit cesser les passages en force et enfin donner à l’école inclusive les moyens de fonctionner.

L’école inclusive mérite mieux que le bricolage ! Les AESH méritent mieux que le mépris !

À Clermont-Ferrand, le 8 septembre 2026

CGT Éduc'action Clermont-Ferrand