Intervention de la CGT Éduc’action – Lycées professionnels
La CGT Éduc’action souhaite avant de parler des postes PLP revenir sur la situation des lycées professionnels dans l’académie.
Depuis deux ans, les personnels subissent une réforme menée au pas de charge, présentée comme une revalorisation de la voie professionnelle. Mais sur le terrain, les collègues constatent surtout une dégradation des conditions d’enseignement, une désorganisation pédagogique et une mise sous pression permanente des équipes.
Le parcours différencié : un échec qui continue
Dans les établissements, tous les personnels dénoncent ce dispositif qui ne fonctionne pas.
Il fragmente les classes, complique les emplois du temps, il désorganise les enseignements et accroît le décrochage scolaire.
Il ajoute du désordre au désordre.
Et pourtant, malgré les critiques massives des équipes, malgré les difficultés rencontrées partout, le ministère persiste et signe.
C’est devenu une méthode :
Le gouvernement lance une réforme idéologique,
on constate qu’elle ne fonctionne pas…
et on continue quand même.
Au lieu de bricoler des dispositifs supplémentaires, la priorité devrait être claire : rétablir les notamment les heures disciplinaires supprimées par les réformes successives du lycée professionnel !
Au-delà de ce dispositif du Parcours « Y », c’est l’ensemble de la logique de la réforme qui pose problème.
Carte des formations
La carte des formations est désormais construite selon un principe simple : l’adéquation immédiate aux besoins économiques locaux guidé par Orion : un outil de pilotage biaisé, instrumentalisé et inadapté.
Cette vision est profondément réductrice.
Le rôle de l’École n’est pas de produire une main-d’œuvre ajustée aux besoins immédiats des entreprises mais de former des citoyennes et citoyens qualifiés, capables d’évoluer et de poursuivre des études.
Or les décisions prises dans notre académie illustrent parfaitement les limites de cette logique.
LP Germaine Tillion
Au LP Germaine Tillion, les équipes demandent l’ouverture d’un Bac professionnel technicien d’études.
Cette demande répond à un projet pédagogique cohérent et à un besoin identifié, mais aucune ouverture n’est envisagée pour la rentrée 2026.
Réponse de la rectrice : Non
LP Gergovie – Bac Pro CIEL
Au LP Gergovie, les collègues demandent simplement d’adapter les effectifs en Bac Pro CIEL, sachant que dans notre académie seulement 2 LP public le propose en formation initiale et que le taux de pression est important de 2.6 pour le Lp Gergovie c’est dire que l’an dernier il y avait 79 demandes pour seulement 30 places.
De plus, une classe à 30 élèves dans une formation industrielle est pédagogiquement ingérable voir dangereuse notamment avec l’accroissement des cours en classe entière sur les plateaux techniques.
La demande d’organisation en 24 élèves avec un demi-groupe de 12 permettrait pourtant d’améliorer concrètement les conditions de formation et de l’ouvrir à 6 élèves en plus.
Refus d’ouverture d’un CAP Grand Âge
Un autre exemple : le refus d’ouvrir un CAP Grand Âge au lycée Gergovie pour la rentrée 2026.
Cette décision est incompréhensible.
Dans un contexte de vieillissement de la population et de besoins croissants dans les métiers du soin, refuser cette ouverture revient à affaiblir encore une filière déjà très limitée dans le Puy-de-Dôme.
D’autant plus que cette ouverture pourrait se faire à moyens constants, par la transformation de 12 places de Bac Pro ASSP.
Pour la CGT Éduc’action, une alternative cohérente existe :
ouvrir le CAP Grand Âge à Gergovie
et étudier l’ouverture d’une formation ASSP dans un autre lycée du département, sachant que la réflexion avait été faite au LP Saint-Claire Deville.
Cela permettrait un meilleur maillage territorial et un renforcement global de l’offre publique de formation.
Volonté de la rectrice de faire le projet.
Document rectoral suppressions/créations de postes en LP
Vote contre la CGT les créations et suppressions de postes proposées par le Rectorat
Abstention de toutes les autres OS alors que les postes ne sont pas ouverts.
La dématérialisation des corrections du Bac pro : un nivellement par le bas
Autre illustration de cette logique gestionnaire : la dématérialisation des corrections du Bac professionnel.
Présentée comme une modernisation, elle s’apparente surtout à une dégradation des conditions de correction et de l’évaluation des élèves.
Les collègues dénoncent :
des outils inadaptés
des conditions de correction dégradées
une logique de gestion qui prime sur la qualité pédagogique
Cette évolution participe d’un nivellement vers le bas de l’évaluation nationale.
Nous souhaitons aussi vous informer de convocations d’enseignant·es pour scanner les copies alors que lors du dernier CSA A, Mme la Rectrice avait affirmé que c’était les chef·fes de centre qui devaient le faire.
PFMP : les personnels compensent les dysfonctionnements
Enfin, il est impossible d’évoquer la situation des lycées professionnels sans parler des PFMP.
Les collègues nous remontent des situations de plus en plus problématiques.
Des demandes aux enseignant·es de plus importantes tel que :
gérer des problèmes d’hébergement lors des PFMP
assurer un suivi administratif lourd : éditer les conventions…
Cumule des suivis de stage tout en conservant leur emploi du temps habituel
Problématiques dans le remboursement des frais de déplacements
…
Autrement dit, les personnels compensent les défaillances du système.
Et pourtant, des personnels tels que les DDF et les BDE sont présents dans les LP, mais la charge de travail liée au suivi de stage s’accroît pour les enseignant·e et n’est que très rarement reconnue ni rémunérée, alors même que le cadre réglementaire prévoit des dispositions en ce sens.
La voie professionnelle mérite mieux
Ce que révèlent toutes ces situations, c’est une réalité simple :
La réforme du lycée professionnel ne répond ni aux besoins des élèves, ni à ceux des territoires, ni à ceux des personnels.
Elle produit :
une désorganisation pédagogique
une pression accrue sur les équipes
une réduction de l’offre publique de formation
et une soumission croissante aux logiques économiques locales.
Pour la CGT Éduc’action, la voie professionnelle mérite une tout autre ambition.
Nous demandons :
l’abandon du parcours différencié
une véritable concertation sur la carte des formations
le respect du travail des personnels dans les PFMP
un renforcement de l’offre publique de formation professionnelle sur tout le territoire.
Les personnels des lycées professionnels sont profondément attachés à leur mission.
Ils méritent des moyens, de la reconnaissance et une politique éducative cohérente.
Problème de recrutement en LP
On constate un problème structurel de recrutement, notamment lié au manque de collègues titulaires et au recours croissant aux personnels contractuel·les (plus de 25 % dans les lycées professionnels).
Cette précarisation du métier fragilise la continuité pédagogique et dégrade les conditions de travail des équipes et des personnels.
Cette situation est également aggravée par des conditions salariales insuffisamment attractives.
Dans de nombreux secteurs professionnels correspondant aux spécialités enseignées en lycée professionnel, les candidat·es potentiel·les peuvent prétendre à des rémunérations nettement supérieures dans le secteur privé et des contrats de travail moins précaires.
Cela entraîne une désaffection pour les métiers de l’enseignement, en particulier dans les disciplines techniques et professionnelles.
Situation au LP Gergovie
Au lycée professionnel Gergovie, ces difficultés se traduisent concrètement par des absences non remplacées sur une longue durée.
Depuis le mois de septembre, une collègue en arrêt n’a toujours pas été remplacée.
En conséquence :
les élèves de Terminale CIEL sont privés d’enseignement dans cette discipline
tout comme les classes de Seconde de la famille des métiers TNE.
Cette situation porte gravement atteinte au droit des élèves à bénéficier d’un enseignement complet et de qualité.
Elle génère également des inégalités entre établissements et entre élèves.
Par ailleurs :
elle accentue la charge de travail des personnels en poste
elle dégrade le climat scolaire
elle participe à une perte de sens du service public d’éducation.
Des mesures urgentes nécessaires
Face à ces constats, il apparaît indispensable de mettre en place des mesures urgentes :
amélioration de l’attractivité du métier (notamment salariale)
recrutement massif de personnels titulaires
la titularisation de tou·tes les contractuel·les sans conditions de concours ni de nationalité
mise en œuvre effective de dispositifs de remplacement rapides et efficaces
hors RCD qui est un aberration


