Intervention de la CGT éduc’action lors du CSA académique du 24 mars 2026
Tout d’abord, nous prenons acte de l’abandon du caractère obligatoire des groupes de niveau en français et en mathématiques en sixième et cinquième. Les textes adoptés en 2026 ne rendent plus ces regroupements obligatoires et les laissent à l’appréciation des équipes pédagogiques.
Pour la CGT Éduc’action, c’est une évolution positive. Depuis leur annonce, ces dispositifs ont suscité une opposition très large de la profession. Ils reposaient sur une logique de tri des élèves incompatible avec l’ambition d’un collège réellement émancipateur. De nombreuses analyses ont par ailleurs montré que ces organisations risquaient d’accentuer les écarts scolaires et d’enfermer les élèves les plus fragiles dans des parcours de relégation.
La mobilisation des personnels, des organisations syndicales et de la communauté éducative a permis de mettre en évidence les impasses pédagogiques et organisationnelles de cette mesure. Nous continuerons à défendre une autre conception du collège : un collège qui s’appuie sur l’hétérogénéité des classes, sur la coopération entre élèves et sur les moyens nécessaires pour faire réussir toutes et tous. La baisse des effectifs par classe est une des conditions nécessaires pour la réussite de ce collège. La CGT éduc’action revendique un maximum de 20 élèves dans les collèges hors éducation prioritaire et 15 élèves pour les collèges REP et en REP+.
Cependant, cette évolution ne doit pas masquer d’autres orientations ministérielles qui suscitent une vive inquiétude.
La CGT Éduc’action alerte en particulier sur le plan dit des “800 collèges”. Ce dispositif cible des établissements en fonction de leurs résultats aux évaluations nationales et au diplôme national du brevet, notamment lorsque les résultats en français et en mathématiques sont jugés insuffisants.
Cette approche constitue, selon nous, un changement profond de logique. Au lieu de renforcer et de développer l’éducation prioritaire sur la base de critères sociaux, carte qui n’a pas été revu depuis 2014, le ministère met en place un système parallèle fondé principalement sur les résultats scolaires. Ce choix risque de détourner l’attention des causes structurelles des difficultés scolaires : les inégalités sociales et géographiques, la ségrégation scolaire ou encore le manque de moyens humains et pédagogiques.
L’exemple de Gérard Philipe est éclairant : alors qu’il est le collège hors éducation prioritaire où l’IPS est le plus faible de France, il intègre le dispositif 800 collèges ne répondant pas aux revendications des personnels : d’intégrer la carte d’éducation prioritaire en REP+.
Ce plan introduit une logique de pilotage par les résultats et par la contractualisation des établissements, accompagnée d’audits, d’indicateurs et d’un suivi renforcé des pratiques pédagogiques. Cette orientation managériale fait peser une pression accrue sur les équipes et tend à remettre en cause leur liberté pédagogique. On passe d’une logique “donner plus à celles et ceux qui ont moins” à une nécessité pour les équipes de vendre leurs projets. C’est insupportable.
Pour la CGT Éduc’action, cette politique est une impasse. Les difficultés rencontrées par certains collèges ne se régleront ni par la mise sous contrôle des équipes ni par des dispositifs ponctuels. Elles nécessitent au contraire une politique ambitieuse de réduction des inégalités scolaires et sociales.
Cela suppose notamment :
- une refonte ambitieuse de la carte de l’éducation prioritaire, fondée sur des critères sociaux transparents ;
- des moyens pérennes pour les collèges les plus fragiles : baisse des effectifs par classe, renforcement des équipes pluriprofessionnelles, temps de concertation pour les personnels ;
- la fin des politiques de tri des élèves, qu’il s’agisse des groupes de niveau ou de toute autre forme de segmentation scolaire ;
- un renforcement du collège unique comme lieu de mixité sociale et scolaire.
Le collège a besoin de moyens, de stabilité et de confiance envers les personnels. Il n’a pas besoin de nouvelles réformes technocratiques ni de dispositifs expérimentaux imposés d’en haut.
La CGT Éduc’action continuera donc à porter l’exigence d’un collège réellement démocratique, permettant la réussite de toutes et tous.
Une nouvelle saignée dans les collèges de l’académie
L’administration confirme une nouvelle vague de suppressions : 33 postes supprimés pour seulement 7 créations. Le groupe de travail du 10 mars à permis aux OS de neutraliser de nombreuses suppressions mais rien n’est peren.
Ces suppressions, c’est neutralisation s’inscrivent dans une logique budgétaire qui se poursuit année après année, au détriment des conditions d’enseignement et d’apprentissage.
Allier :
13 suppressions et 3 créations sachant que dans la création il y a juste un changement d’intitulé d’un poste supprimé donc 12 suppressions et 2 créations véritablement
Département le plus touché par les suppressions !
La situation du collège de Gannat est particulièrement inquiétante :
3 postes supprimés dans un seul établissement.
Pourtant, ce collège recrute sur un territoire large, zones rurales ou semi-rurales où l’offre éducative est déjà fragile. Après plusieurs années de fermetures et de suppressions, ces nouvelles décisions risquent :
- d’augmenter les effectifs par classe
- de dégrader l’accompagnement des élèves
- de fragiliser l’offre pédagogique.
Cantal : 4 suppressions
La CGT s’interroge sur une potentielle volonté de prolonger la destruction de la Segpa de la Ponétie ?
Réponse du Rectorat : Aucune volonté. La personne exerce sur l’ERAE. L’EREA a été délocalisée.
une segpa avec des 6ème et des 5ème ont se pose des questions
Haute-Loire : 7 suppressions
2 postes supprimés au collège Lafayette au Puy-en-Velay
Apport de 54 besoins.
Établissement fragile, fragilisé. Pas un signal favorable.
Réponse de la rectrice : réfléchir à une meilleure attractivité.
Puy-de-Dôme : 9 suppressions et 4 créations
Suppression dans les villes secondaires, les collèges ruraux (Ambert…)
Réponse de la rectrice : Si vous faites venir des élèves, on créera des postes.
Réponse de la CGT : c’est le serpent qui se mord la queue en n’ayant pas de politique attractive et de bonnes conditions d’enseignement. On n’attire pas de nouvelles familles.
Réponse du rectorat : on ne peut pas répondre sur le plan 800 collèges. L’année à venir ces moyens viendront en heure supplémentaire.
Les heures choc des savoirs seront évaluées précédemment.
FSU alerte sur les langues et les disciplines en souffrance.
Réponse de la rectrice soutien particulier à l’allemand.
Nous faisons remarquer que le Poste allemand est un poste spé national.
une situation paradoxale :
26 postes sont vacants, seulement 7 postes sont occupés parmi ceux étudiés.
Cela illustre clairement la crise de recrutement que traverse l’Éducation nationale.
Mais au lieu d’améliorer les conditions de travail et les salaires pour rendre le métier attractif, l’administration répond par la suppression de postes, ce qui :
- aggrave la charge de travail et les conditions de travail
- multiplie les compléments de service
- dégrade encore l’attractivité du métier.
- Recours aux contractuel·les → accroît la précarité
→ Une gestion révélatrice de la crise d’attractivité du métier
Matières concernées :
- 4 lettres modernes + 1 lettres classiques
- 4 SVT
- 4 Langues vivantes (2 allemand, 1 italien et 2 anglais →
La suppression de postes en allemand et italien interroge particulièrement :
cela risque de réduire encore l’offre linguistique dans les collèges, déjà insuffisante et inégalement répartie géographiquement. Les élèves perdent la possibilité de choisir une autre langue que l’anglais et l’espagnol.
- 3 Techno
- 3 Hist-géo
- 3 Maths
- 2 éducation musicale
- 2 EPS
- 1 arts appliqués
Ces disciplines sont au cœur de l’ouverture culturelle des élèves et permettent souvent de maintenir une diversité pédagogique dans les établissements.
Réductions en lettres, histoire-géographie, SVT ou technologie fragilisent des enseignements qui participent directement :
- à la formation culturelle et citoyenne des élèves,
- à la compréhension du monde contemporain,
- et à l’éveil scientifique et technologique.
Pour la CGT Éduc’action, ces choix budgétaires traduisent une logique préoccupante :
réduire progressivement tout ce qui contribue à la richesse pédagogique et culturelle du collège, au profit d’une gestion comptable des moyens.
À terme, ce sont les élèves, en particulier dans les territoires ruraux, qui risquent de voir leur accès à une offre éducative diversifiée se réduire encore plus.
L’argument démographique n’en est pas un. Sous couvert de bienveillance, afin de ne pas multiplier les établissements pour les collègues, l’administration préfère supprimer des classes plutôt que de mettre les moyens nécessaires pour les maintenir lorsque les effectifs sont jugés insuffisants.
Cette logique conduit directement à la suppression de postes et à la dégradation des conditions d’enseignement.
La CGT revendique au contraire des classes à 20 élèves maximum dans les collèges hors éducation prioritaire et 15 élèves dans les collèges en éducation prioritaire, ainsi que l’extension de la carte de l’éducation prioritaire, afin de répondre réellement aux besoins des élèves et des personnels.
Nous alertons également les collègues sur les votes en Conseil d’administration concernant les TRMD.
Les cheffes et chefs d’établissement présentent souvent ce vote comme une simple répartition des moyens alloués par le rectorat.
Pourtant, ces votes sont ensuite présentés par le rectorat dans les groupes de travail pour affirmer que les personnels valident les suppressions de postes et les réductions de moyens.
Il est donc essentiel de ne pas laisser instrumentaliser ces votes, qui servent trop souvent à légitimer des choix budgétaires imposés.

