Carte scolaire 2026 dans le Puy-de-Dôme : Stop à la casse du service public d’Education

Le projet de carte scolaire présenté au CSA-SD pour la rentrée 2026 confirme une tendance lourde : moins de classes, des regroupements d’écoles et une augmentation des effectifs par classe.

Ces décisions sont justifiées par l’administration au nom de la baisse démographique. Mais sur le terrain, les conséquences sont bien réelles : des classes plus chargées, des conditions d’apprentissage et de travail dégradées et un recul du service public d’éducation.

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Toutes et tous en Grève mardi 31 mars – 9h assemblée générale (Centre Jean Richepin, salle 6) — 11h manifestation, Rectorat de Clermont-Ferrand

Des classes déjà surchargées

La situation est d’autant plus préoccupante que la France fait déjà partie des pays européens où les classes sont les plus chargées.

En moyenne :

  • 22 élèves par classe en primaire en France,
  • contre environ 19 élèves dans l’Union européenne.

Autrement dit, la France est déjà en tête des classes les plus chargées d’Europe, alors même que la réussite scolaire nécessite un suivi individualisé et des effectifs réduits.

Dans le département : des exemples très concrets

Dans plusieurs écoles du Puy-de-Dôme, les fermetures de classes vont faire augmenter fortement les effectifs par classe.

Quelques exemples tirés du projet de carte scolaire :

  • École élémentaire Potier Marcus à Lezoux : la fermeture d’une classe ferait passer la moyenne d’environ 22,4 élèves à près de 24 élèves par classe.
  • École élémentaire François-Mitterrand à Puy-Guillaume : la fermeture ferait passer les classes d’environ 19 élèves à plus de 23 élèves.
  • École élémentaire Les Jacquemarts à Aigueperse : on passerait d’environ 19,7 élèves à 23 élèves par classe.
  • École maternelle Jean Rostand à Riom : les effectifs passeraient de 18 élèves à 24 élèves par classe après la fermeture d’une classe.
  • École maternelle Henri Barbusse à Cournon : les classes passeraient également d’environ 18 élèves à 24 élèves.

Ces hausses peuvent paraître modestes sur le papier, mais elles ont des conséquences très concrètes dans les classes : plus d’élèves à gérer, moins de temps pour chacun et chacune, davantage de difficultés pour accompagner les élèves en difficulté ou en situation de handicap.

Dans certaines écoles, la situation est encore plus marquante.
Par exemple, à l’école de Corent, une classe de maternelle multiniveaux accueille déjà 32 élèves, ce qui illustre la réalité vécue dans certaines écoles du département : des classes très chargées, parfois loin des discours officiels sur les moyennes statistiques.

Regroupements d’écoles : la logique de concentration

Le projet prévoit aussi des fusions ou regroupements d’écoles, notamment :

  • fusion des écoles maternelle et élémentaire Pierre Ravel à Châtel-Guyon,
  • fusion des écoles maternelle et élémentaire Paul Bador à Orcet,
  • projet de fusion à Lempdes.

Ces opérations sont souvent présentées comme des « réorganisations » ou des « rationalisations ». En réalité, elles participent à une logique de concentration des structures scolaires.

Pour la CGT Éduc’action, ces regroupements posent plusieurs problèmes :

  • ils augmentent la taille des écoles et donc les effectifs dans les classes ;
  • ils éloignent les écoles des familles, notamment en zone rurale ;
  • ils participent à une réduction progressive du maillage territorial de l’école publique.

Un risque de désertification du service public d’éducation

La fermeture d’une école ou la fusion de plusieurs écoles ne sont jamais des décisions neutres.

Dans de nombreuses communes rurales ou périurbaines, l’école est l’un des derniers services publics de proximité. Sa disparition entraîne souvent une série de conséquences :

  • allongement des trajets pour les élèves,
  • fragilisation de la vie locale,
  • baisse de l’attractivité des communes.

Ces décisions s’inscrivent dans une évolution plus large : la concentration des services publics dans les centres urbains, au détriment des territoires ruraux.

Pour la CGT, il s’agit d’une véritable désertification progressive du service public d’éducation.

Des classes moins chargées : une nécessité pédagogique

Les recherches internationales montrent qu’un nombre d’élèves plus réduit permet :

  • un meilleur suivi des élèves,
  • davantage d’interactions pédagogiques,
  • une meilleure prise en compte des difficultés scolaires.

À l’inverse, les classes chargées rendent beaucoup plus difficile :

  • la différenciation pédagogique,
  • l’inclusion des élèves en situation de handicap,
  • la prévention du décrochage scolaire.

Les revendications de la CGT Éduc’action

Face à ces choix politiques, la CGT Éduc’action revendique :

  • l’arrêt des fermetures de classes et d’écoles,
  • une baisse réelle des effectifs par classe,
  • 20 élèves maximum par classe dans le premier degré,
  • 15 élèves maximum en éducation prioritaire,
  • le renforcement des RASED et des dispositifs d’aide spécialisée,
  • le recrutement massif d’enseignant·es et d’AESH.

L’école publique ne doit pas être gérée comme une simple variable d’ajustement budgétaire.

Investir dans l’éducation, c’est investir dans l’avenir de la société.

CGT Éduc'action Clermont-Ferrand