Lycées Généraux et Technologiques :  des suppressions de postes et des réformes sans moyens

📢 Intervention de la CGT lors du CSA académique du 24 mars 2026

La CGT Éduc’action souhaite profiter de ce CSA pour alerter sur plusieurs orientations récentes concernant les lycées généraux et technologiques. Elles illustrent malheureusement une tendance désormais bien connue : multiplier les annonces politiques sans donner les moyens nécessaires à leur mise en œuvre.

📱 Interdiction du portable : une annonce hors sol

Déjà, au collège, cette mesure est loin d’être appliquée partout, preuve que les conditions de mise en œuvre ne sont pas réunies. L’étendre au lycée pose encore davantage de questions :

❓ Comment appliquer une interdiction dans des établissements où les élèves gagnent en autonomie ?
❓ qu’en est-il des élèves majeur·es ?
❓ qu’en est-il des étudiant·es de BTS ou de CPGE présent·es dans les lycées ?
❓ quelles règles pour les internats ?

Cette mesure ignore également les pratiques pédagogiques existantes et la question essentielle de l’éducation aux usages du numérique.

Encore une fois, il s’agit d’un effet d’annonce qui évite de traiter les véritables enjeux : santé, réseaux sociaux, éducation aux médias et accompagnement des jeunes dans leurs pratiques numériques.

📐 Programmes de mathématiques : une réforme précipitée

La CGT Éduc’action souhaite alerter sur les projets de nouveaux programmes de mathématiques.

Le calendrier retenu pose problème. Les nouveaux programmes introduisent des notions qui seront évaluées lors de l’épreuve anticipée de mathématiques prévue en juin 2026, alors même que les élèves actuellement en première n’auront pas suivi ces programmes.

Par ailleurs, certaines évolutions vont dans le sens des pratiques pédagogiques, mais d’autres sont extrêmement préoccupantes. En particulier :

⚠️ l’alourdissement du programme de seconde
⚠️ les transferts de notions entre niveaux
⚠️ l’absence de mise en œuvre progressive

Or les équipes savent déjà que les programmes actuels sont trop lourds, empêchant de travailler le sens des notions avec les élèves. Ajouter encore du contenu sans revoir les horaires ni les conditions d’enseignement ne peut qu’aggraver les difficultés.

🏫 Pour une autre politique éducative

Ces 2 exemples illustrent un problème structurel : une politique éducative fondée sur des annonces rapides, des réformes successives et une absence de moyens.

Pour la CGT Éduc’action, les priorités devraient être toutes autres :

✔️ des moyens humains et budgétaires à la hauteur des besoins
✔️ une réduction des effectifs par classe
✔️ du temps pour la formation des personnels
✔️ le respect de l’expertise professionnelle des équipes éducatives

L’École ne peut pas fonctionner sur des effets d’annonce. Elle a besoin de stabilité, de confiance et de moyens.

La CGT Éduc’action continuera donc de porter ces exigences, pour défendre les personnels et garantir un service public d’éducation réellement émancipateur.

🚨 Contre les suppressions de postes

📄 Lire le document rectorat sur les suppressions/créations de postes en LGT

La carte des emplois présentée fait apparaître 21 suppressions de postes pour seulement 11 créations, dont 3 postes spécifiques nationaux.

Le solde reste donc très négatif avec –10 postes, ce qui confirme une nouvelle fois la logique de réduction des moyens dans les établissements.

Sur les 21 suppressions de postes :

📉 20 concernent des postes vacants
📉 1 seul poste est actuellement occupé

Un certain nombre de postes ont été neutralisés lors du groupe de travail du 10 mars. Mais cela reste largement insuffisant. Ces neutralisations ne sont que provisoires et ne font que retarder les suppressions que le rectorat et le ministère veulent imposer.

Si la suppression d’un poste occupé peut avoir des conséquences directes pour un collègue, la suppression massive de postes vacants n’est pas neutre. Elle réduit les possibilités :

➡️ de mutation au mouvement intra
➡️ de stabilisation des équipes
➡️ de titulaires remplaçants ou de compléments de service

Elle contribue également à augmenter le recours :

⚠️ aux compléments de service
⚠️ aux heures supplémentaires et donc surcharge de travail
⚠️ aux contractuel.les → précarisation

📍 Par département

Allier : 7 suppressions

Dont 3 suppressions/créations où changement d’intitulé

Cantal : 2 suppressions

dans le même lycée de Brioude

Haute-Loire : 4 suppressions et 1 création

STI 2D : Lafayette. Groupe rajouté avec les STMG.

STMG en décroissance par rapport

Puy-de-Dôme : 8 suppressions et 6 créations

dont 3 postes spécifiques

Blaise Pascal poste spécifique histoire geo qui supprime un poste Hist géo – conséquence sur le mouvement

Une création/suppression pour changer intitulé

La création de postes spécifiques nationaux pose plusieurs problèmes régulièrement dénoncés par la CGT Éduc’action.

D’abord, ces postes échappent en grande partie au mouvement au barème, puisqu’ils reposent sur une logique de profil et d’avis hiérarchiques. Cela réduit la transparence et l’égalité de traitement entre les personnels.

Ensuite, chaque transformation d’un poste classique en poste spécifique diminue le nombre de postes accessibles au mouvement intra, ce qui restreint les possibilités de mutation pour les collègues.

Enfin, la multiplication de ces postes s’inscrit dans une logique de gestion locale et managériale des personnels, au détriment des garanties collectives du statut.

📚 Disciplines

3 maths
3 hist-geo
3 biochimie biologie
4 sciences industrielles de l’ingénieur
2 physiques chimie + 1 physique appliquée
1 lettres classiques (suppression suite à diminution des effectifs dans la spécialité et un départ en retraite)
1 anglais

Ces suppressions ne sont pas neutres : elles risquent d’entraîner une réduction de l’offre de formation et des enseignements proposés aux élèves, notamment dans des disciplines déjà fragilisées.

C’est particulièrement préoccupant pour des matières comme les lettres classiques ou certaines spécialités scientifiques, où la suppression d’un seul poste peut rapidement conduire à la disparition d’options ou de groupes d’enseignement dans les établissements alors que lors du dernier CSA A on a vu que l’offre des option était déjà inégalitaire.

Ces choix s’inscrivent dans une logique de gestion à moyens contraints, qui conduit à appauvrir l’offre éducative et à limiter l’accès des élèves à certaines disciplines.

🗳️ Votes en Conseil d’administration et TRMD

Nous alertons également les collègues sur les votes en Conseil d’administration concernant les TRMD.

Les cheffes et chefs d’établissement présentent souvent ce vote comme une simple répartition des moyens alloués par le rectorat.

Pourtant, ces votes sont ensuite présentés par le rectorat dans les groupes de travail pour affirmer que les personnels valident les suppressions de postes et les réductions de moyens.

Il est donc essentiel de ne pas laisser instrumentaliser ces votes, qui servent trop souvent à légitimer des choix budgétaires imposés.

Rectorat : pas d’obligation à faire voter. Libre à chacun de faire de ne pas faire.

FSU pense que c’est suffisant de faire voter en conseil pédagogique.

L’UNSA demande l’application du texte et ne fait pas voter les TRMD.

⚠️ Le recours croissant aux BMP

Nous dénonçons également le recours croissant aux BMP (blocs de moyens provisoires). Présentés comme une solution de gestion souple, ils participent en réalité à l’institutionnalisation de la précarité dans l’Éducation nationale.

En multipliant les BMP plutôt que de créer des postes, l’administration empêche l’implantation de postes pérennes dans les établissements, fragilise les équipes et dégrade la continuité pédagogique pour les élèves.

Cette logique de gestion au plus juste sert avant tout à masquer les suppressions de postes et à éviter les créations nécessaires, alors même que les besoins sont bien réels sur le terrain.

La CGT revendique au contraire la transformation des BMP là où c’est possible en postes fixes, afin de stabiliser les équipes et d’améliorer les conditions d’enseignement et d’apprentissage.

🗳️ Vote

Vote contre unanime des organisations syndicales

 

🎓 Carte des enseignements de spécialité – rentrée 2026

📄 Document rectoral

La carte des enseignements de spécialité présentée pour la rentrée 2026 appelle plusieurs remarques.

Si la structure générale semble stable, l’analyse détaillée montre le maintien d’inégalités importantes entre les établissements et entre les espaces géographiques, en particulier au détriment des lycées ruraux et de taille modeste. L’accès aux spécialités dites rares telles que NSI, SI, LLCER… reste concentré dans quelques établissements, ce qui limite de fait le choix des élèves et fragilise le maillage du service public d’éducation sur l’ensemble de notre académie.

Rectorat : difficile de démultiplier ces formations qui ne font pas le plein.

Nous constatons également le recours à des dispositifs de mutualisation, d’enseignement en réseau ou au CNED pour certaines spécialités. Ces modalités ne peuvent constituer une réponse acceptable au manque de moyens. Elles traduisent au contraire une gestion contrainte de la carte des formations et font peser des risques sur les postes, les compléments de service et les conditions de travail des personnels.

La mention de spécialités gelées dans certains établissements confirme que la carte est élaborée à moyens constants, voire contraints, sans garantie du maintien des enseignements existants.

Nous rappelons que toute évolution de la carte des spécialités doit être accompagnée d’une information complète sur les moyens horaires, les créations et suppressions de postes, ainsi que sur les impacts en termes de services et de mobilité des personnels. En l’absence de ces éléments, il n’est pas possible d’apprécier réellement les conséquences des décisions proposées.

Nous demandons :

✔️ le maintien d’une offre de spécialités diversifiée dans tous les territoires
✔️ l’abandon des gels et des fermetures déguisées (quels sont d’ailleurs les postes gelés dans l’académie ? cette question a été posée en GT)
✔️ le refus du recours au CNED en substitution de postes
✔️ la transparence sur les moyens et les impacts RH
✔️ la garantie du maintien des postes et des services complets

Dans ces conditions, nous ne pouvons valider la carte proposée en l’état.

Blaise Pascal maintient du latin pour 2 élèves.

CGT Éduc'action Clermont-Ferrand