Les mobilisations lycéen.nes de ces derniers jours ont conduit à la fermeture administratives de tous les lycées de Clermont-Ferrand, de Riom et Cournon. Les ensignant.es de ses établissements ont reçu une injonction d’assurer une continuité pédagogique avec leurs classes. Interrogé par les organisations syndicales le 2 octobre, le Ministre de l’Education nationale a bien précisé que le recours au distanciel n’a pas pour objectif d’assurer une continuité de cours mais de rétablir un contact pédagogique avec les élèves en cas de poursuite de la fermeture, et a assuré qu’aucune forme de surveillance ne s’exercerait sur les personnels.
La CGT éduc’action sera vigilante pour qu’aucun excès de zèle de la part des chef.fes d’établissement s’effectue sur les personnels pour imposer des viso obligatoire ou exiger des devoirs notés (lire notre courrier envoyé à Mme la Rectrice le 4 octobre)… Nous dénonçons aussi les tentives de silencier le mouvement lycéens en pénalisant les plus mobilisé.es, en jouant sur les l’absence de droit de grève institutionnalisé pour les élèves et étudiant.es. La CGT éduc’action rappelle que les lycéen.nes ont un droit inaliénable , constitutionnel, à la liberté d’expression et de manifestation. Si celle-ci les soustrait pas à l’obligation d’assiduité, on peut légitimement se poser la question : qu’est-ce que l’assiduité dans un contexte de fermeture administrative des établissements ?
La CGT éduc’action rappelle que rien ne contraint réglementairement de dispenser des cours en distanciel ou en visioconférence. Leur service est conçu pour un enseignement en présentiel. Dans une situation exceptionnelle, une forme de continuité pédagogique est proposée par l’administration pour garantir l’instruction obligatoire (Art. L131-1 et L122-1-1 du code de l’éducation), conduisant à garder le lien avec les élèves via l’espace numérique de travail (ENT ou Pronote). Assurer cette continuité oblige ainsi les personnels à remplir un cahier de texte numérique (circulaire n°2010-136 du 6 sept 2010), mais pas à se conformer à une manière d’enseigner ou même suggérée par leur administration. Si l’organisation de la continuité pédagogique échoit à la direction de l’établissement (Art. R.421-4 et R.421-10), le contenu ou les modalité d’enseignement relève de la liberté pédagogique de l’enseignant.e (Art. L.912-1-1), aucune méthode ou outil numérique spécifique ne peut être imposé, et l’administration ne peut pas exiger l’utilisation du matériel personnel ou d’une connexion privée de l’enseignant.e.
Concernant l’obligation d’assiduité des élèves, le code de l’éducation ne donne explicitement aucune information sur la manière dont cette assiduité doit s’organiser dans un cadre distanciel. Ainsi aucune obligation de remise de travail à distance ou de notation ne peut être exigée par un.e chef.fe d’établissement. Par ailleurs, la CGT éduc’action rappelle que depuis 2020, les limites évidente de l’enseignement en distanciel sous toutes ses formes sont connues et non résolues : fracture numérique, inégalités matérielles renforcées entre les élèves, impossibilité d’appliquer les aménagements réglementaires pour les élèves à besoins éducatifs particuliers, …
La CGT éduc’action appelle les collègues à boycotter la continuité pédagogique !
La CGT éduc’action dénonce l’instrumentalisation du distanciel pour bâillonner le mouvement social en cours dans l’éducation nationale. Elle dénonce la fermeture arbitraire des établissements par arrêt préfectoral, dans le seul but d’étouffer les demandes concrètes des les lycéen.nes sur leurs conditions d’études et sur leurs perspectives d’avenir. Fermer les établissements et priver les lycéen.nes d’un lieu clés de rassemblement et de discussion, criminaliser les revendications en exagérant les « débordements », envoyer la police équipée d’arme intermédiaire « en prévention » ne sont pas des procédés légitimes !!!!
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