Mêmes revendications, même combat : mobilisons-nous !
Depuis plus d’une semaine, les lycéen·nes se mobilisent. Parti notamment de Créteil, le mouvement s’est étendu à de nombreux établissements d’Île-de-France puis à d’autres villes de France. Le 29 septembre, des actions étaient recensées dans près de 410 établissements.
Nous ne pouvons pas détourner le regard.
Derrière cette mobilisation, il y a des revendications qui nous concernent directement : classes surchargées, manque d’enseignant·es et de personnels AED, AESH, infirmier·ères, assistant·es social ou Psy-EN, établissements dégradés, cours annulés faute de moyens, conditions d’étude qui se dégradent, inégalités d’accès à l’enseignement supérieur (Parcoursup)… Ces revendications concernent la défense du service public et son accessibilité.
À Aubervilliers comme ailleurs, des lycéen·nes témoignent du manque de remplacements, des cours annulés ou encore de conditions matérielles difficiles. Ce qu’ils et elles dénoncent, nous le constatons aussi dans nos établissements.
Face à cette mobilisation, Stop à la répression !
Depuis le début du mouvement, les interpellations et les interventions policières se multiplient aux abords des lycées. Plusieurs lycéen·nes, souvent mineur·es, ont été blessé·es.
À Saint-Ouen-l’Aumône, un lycéen a été touché au visage par un tir de lance-grenade à bout portant, donnant lieu à une enquête de l’IGPN. À Tours, un autre lycéen a été blessé à l’œil par un tir de LBD.
Il s’agit de mineur·es. Des jeunes que nous avons dans nos classes, que nous accompagnons et dont nous avons la responsabilité éducative.
Nous refusons que la réponse aux revendications de la jeunesse soit la répression. Les violences et les dégradations ne doivent pas non plus faire oublier les raisons profondes de cette mobilisation.
Notre rôle n’est pas de parler à la place des lycéen·nes, mais de les écouter, de prendre leurs revendications au sérieux et de construire avec eux et elles une mobilisation collective.
Dans notre académie ?
La mobilisation existe déjà dans l’académie de Clermont-Ferrand.
À Issoire, près de 300 élèves du lycée Murat ont participé au blocage de leur établissement le 29 septembre. Des mobilisations ont également eu lieu à Aurillac, au lycée Monnet-Mermoz, au lycée Albert-Londres à Cusset, au lycée Lafayette de Brioude…
À Monistrol-sur-Loire, devant le lycée Léonard-de-Vinci, le rassemblement des lycéen·nes a également été marqué par des violences, avec un usage disproportionné de la force par les agents de police.
De nombreux lycéen·nes et étudiant·es étaient aussi présent·es lors des manifestations à Clermont-Ferrand (lycéen.nes de Blaise Pascal, Jeanne d’Arc…), Montluçon, Aurillac (lycéen.nes de Cortat…), au Puy-en-Velay (environ 200 lycéen·nes venu·es du Lycée Simone Weil…)…
Ce 30 septembre, un piquet de grève a été organisé au lycée de Chamalières.
La mobilisation s’étend et les appels se multiplient. Elle peut demain se retrouver devant de nombreux établissements.
Nous ne pouvons pas demander aux lycéen·nes de se battre seul·es pour des revendications que nous portons nous-mêmes depuis des années.
Mêmes revendications, même combat !
Leurs conditions d’étude sont aussi nos conditions de travail.
Classes moins chargées, plus de personnels, des établissements dignes, un service public d’éducation à la hauteur des besoins : ce sont aussi nos revendications.
Alors, dans nos établissements, réunissons-nous, discutons avec les élèves, les collègues et les organisations syndicales. Lorsque des blocages ou des piquets de grève se mettent en place, ne restons pas spectateur·rices : allons à leur rencontre et construisons avec eux et elles la mobilisation et protégeons les de la répression.
Des préavis de grève ont été déposés et couvre l’ensemble des personnels.


