17 octobre : une mobilisation historique, une colère profonde, une répression inacceptable ! On continue le 24 octobre ! Le 5 novembre, toutes et tous en grève !

Ne laissons pas le gouvernement voler le récit de notre mobilisation et imposons nos revendications !

Le 17 octobre, plus de 800 000 personnes ont manifesté dans toute la France.

 À Clermont-Ferrand, nous étions près de 5 000 dans les rues. Une mobilisation massive, déterminée et populaire, qui marque un tournant : la colère de la jeunesse rejoint désormais celle des travailleuses et des travailleurs, des retraité·es et de toutes celles et ceux qui refusent de subir.

Cette journée est l’épicentre de toutes les colères accumulées depuis des années. Dix ans de macronisme et de politiques au service des plus riches ont creusé les inégalités, fragilisé les services publics et aggravé la précarité. Le gouvernement ne peut plus faire comme si cette colère n’existait pas.

La jeunesse refuse de sacrifier son avenir. Dans les lycées et les universités, les élèves et les étudiant·es dénoncent la dégradation de leurs conditions d’étude, les rythmes scolaires imposés, la pression permanente de la réussite et la sélection sociale. Parcoursup symbolise cette logique qui trie, classe, exclut et discrimine, au lieu de garantir à toutes et tous un accès égal aux études et à la formation. Les réformes Blanquer du lycée général et professionnel sont les causes des désorganisations des établissements et des filières. La CGT éduc’action exige leur abrogation !

La ségrégation scolaire, le manque de moyens et les inégalités d’accès aux savoirs hypothèquent l’avenir de toute une génération. Au niveau européen, la France compte le plus grand nombre d’élèves par classe dans le secondaire. Les personnels sont maltraités et mal payés : salaires des enseignant·es au-dessous de la moyenne des pays de l’OCDE, personnels précaires (25% d’enseignant·es contractuel·les en moyenne), Aed et Aesh vivent en dessous du seuil de pauvreté. 

Exigeons l’arrêt des suppressions de postes (de classe et d’école), l’abandon du budget austéritaire prévu pour 2027, avec 10 milliards supplémentaires, la création de poste à la hauteur des besoins. La création de statuts de fonctionnaire de catégorie B pour les  Aed et les Aesh, la titularisation sans condition de concours ni de nationalité pour tous les contractuel·les déjà en poste. Un plan de rénovation des bâtiments scolaires.

Les travailleuses et les travailleurs refusent de travailler sans pouvoir vivre dignement. Pour trop de salarié·es, chaque fin de mois devient un casse-tête : remplir le frigo ou faire le plein d’essence pour aller travailler ? Se chauffer ou se nourrir correctement ? Pendant ce temps,  les grandes entreprises engrangent des profits considérables, à l’image des groupes pétroliers comme TotalEnergies. La richesse existe, mais elle est accaparée par une minorité. Nous refusons que celles et ceux qui produisent les richesses soient condamné·es à la précarité.

Nous exigeons l’augmentation des salaires, du SMIC et du point d’indice des fonctionnaires, des pensions, des bourses étudiantes et des prestations sociales. Nous demandons la protection des services publics, l’arrêt des licenciements et des politiques d’austérité qui font payer la crise aux salarié·es et aux plus précaires.

Cette colère est aussi profondément démocratique. Depuis des années, les gouvernements successifs imposent leurs choix à coups de passages en force, de 49.3 et de mépris des aspirations populaires. Le mouvement contre la réforme des retraites l’a démontré : malgré une mobilisation massive et durable, malgré l’opposition d’une grande partie de la population, le gouvernement a choisi d’ignorer la contestation. Aujourd’hui encore, il refuse d’entendre les revendications et de répondre politiquement à la crise sociale.

Quand le pouvoir n’écoute plus, il réprime !

La réponse apportée aux mobilisations de la jeunesse est particulièrement alarmante. Arrestations massives de lycéen·nes, interventions policières brutales, usage d’armes dites de maintien de l’ordre : des mineur·es ont subi des blessures irréversibles. Des jeunes ont perdu une main, ont été gravement blessé·es au visage ou ont perdu la vision d’un œil. Ces faits imposent des réponses, des enquêtes indépendantes et des responsabilités clairement établies.

A Clermont-Ferrand, comme partout en France, nous avons pu observé que les forces de l’ordre ont empêché les jeunes mobilisé·es de se rassembler. Les directives ont été données au plus au niveau par le ministre de l’intérieur : “il n’y a aucune consigne de  retenue”. Nous apprenons dans un article de médiapart du 19 octobre 2026. que ce même ministre de l’intérieur a donné des ordres aux services des renseignements pour fournir des rapport fallacieux qui servent ses théories politiques. C’est un scandale d’Etat !

Le 17 octobre, des centaines de milliers de personnes sont descendues dans la rue pour exprimer leur colère et porter des revendications sociales. Pourtant, la journée a aussi été marquée par des interventions policières violentes, des blessé·es et des affrontements dans plusieurs villes.

À Toulouse, quatre responsables syndicales de la CGT et de la FSU, qui se trouvaient à la tête du cortège intersyndical, ont été blessées par une grenade de désencerclement et évacuées vers l’hôpital. Nous dénonçons cette intervention et apportons tout notre soutien aux camarades touchées. S’en prendre à des représentantes syndicales en tête d’une manifestation déclarée est d’une gravité particulière : les libertés syndicales et le droit de manifester doivent être protégés.

À Clermont-Ferrand également, nous dénonçons les conditions dans lesquelles le rassemblement a été empêché et dispersé. Des gaz lacrymogènes ont été utilisés dès la matinée et la place de Jaude, où un rassemblement était appelé à 14 heures, n’a pas pu devenir le lieu de rassemblement prévu. Ces interventions ont exposé les manifestant·es aux gaz et mis en danger leur intégrité physique. Plusieurs personnes ont été blessées. Nous exigeons que toute la lumière soit faite sur ces événements.

Un manifestant est également décédé à Paris le 17 octobre après un arrêt cardiorespiratoire et un autre le 18 octobre. Les circonstances de ces décès doivent être établies avec sérieux et transparence. La gravité de la situation exige des réponses, pas le silence ni l’instrumentalisation politique.

La répression ne s’arrête pas dans la rue : elle se poursuit devant les tribunaux !

À la répression policière s’ajoute désormais une répression judiciaire qui frappe celles et ceux qui se mobilisent. Arrestations, gardes à vue, déferrements et comparutions immédiates se multiplient. Des manifestant·es, des jeunes et des militant·es se retrouvent ainsi confronté·es à la machine judiciaire, parfois dans des délais extrêmement courts, alors même que les faits qui leur sont reprochés et les circonstances des interpellations doivent être examinés avec rigueur.

L’état de droit est remis en cause par cette justice expéditive et par la sévérité des peines. 

Nous exigeons l’arrêt de la criminalisation du mouvement social ! 

Continuons à nous mobiliser !

Les rendez-vous des prochains jours doivent permettre d’amplifier la mobilisation : les appels à agir le 24 octobre et à faire du 5 novembre une grande journée de grève et de manifestations sont autant d’occasions de construire un rapport de force à la hauteur de la colère exprimée.

La CGT Éduc’action 63 appelle les personnels, les élèves, les étudiant·es à se réunir dans les établissements, les services et les lieux de travail dès le retour des congés, à débattre des revendications et à construire collectivement les suites du mouvement.

Nos revendications ne disparaîtront pas derrière un récit sécuritaire. La colère est légitime, la solidarité est indispensable et la mobilisation doit continuer !

CGT Éduc’action 63 – 21 octobre 2026

CGT Éduc'action Clermont-Ferrand