DECLARATION de la CGT EDUC’ACTION : CTSD de rentrée 1er et 2nd degré

3 Septembre 2020

Septembre 2020…une nouvelle rentrée.  Elle se déroulera dans le sillage de la fin d’année scolaire dernière, dans l’ambiance d’une crise sanitaire qui se poursuit. Plus stressante, plus anxiogène, pour les parents, les élèves, les profs… : cette rentrée demande des changements face aux habitudes de chacun mais tout le monde n’est pas logé à la même enseigne. Alors que tous les enseignants se sont adaptés et ont travaillé à maintenir un enseignement à distance sans être formés et sans que leur employeur leur en fournisse les moyens, nos dirigeants ont-ils, de leur côté, réellement pris le temps  d’entendre les revendications des familles, des enseignants pour l’Ecole de la République ? Après une année chaotique avec un confinement puis un déconfinement sans précédent, des mesures tardives, un dévouement et un travail d’ajustement et d’adaptation remarquable de tous nos collègues : enseignants, directeurs d’école mais aussi chefs d’établissement du secondaire, quelles leçons peut-on tirer de cet événement. Cet épisode qui s’est déroulé de mars à juillet aurait pu être l’occasion de faire évoluer les mentalités des décideurs politiques.  Le constat est malheureusement très négatif  :

– les lycées Monnez Mermoz et Duclaux connaîtront des effectifs de classes de seconde à plus de 35 élèves, la DHG du premier ne permettant plus les dédoublements sur des matières aussi fondamentales que le français et les mathématiques. Ce défaut de moyen est une aberration après la période écoulée qui a été marquée, comme chacun sait par la fermeture pendant plusieurs mois des établissements scolaires. Chacun sait que le travail en distanciel ne peut pas équivaloir au travail en présentiel. Les métiers de l’enseignement exigeant un rapport vivant avec les élèves. Par conséquent on pouvait attendre un effort budgétaire pour donner les moyens aux enseignants de compenser les inévitables effets de la fermeture des établissements. En lieu et place de cet effort, force est de constater que les conditions de travail des collégiens qui basculent vers le Lycée ne seront pas à la hauteur de leurs besoins  et compliqueront la tâche des enseignants, lesquels devront une fois de plus compenser les carences de leur employeur.

– les collèges du Cantal perdent 6 divisions, ce qui augmentent le nombre d’élèves par classe et génère les mêmes conditions défavorables à la réussite de chacun. Emblématique de ce mépris des élèves et des personnels, le collège de Chaudes Aigues dont les effectifs ont progressé de manière significative ces dernières années enregistre un effectif de 33 élèves en classe de sixième et de 31 en classe de cinquième. Les personnels de cet établissement, qui se sont surinvestis dans le maintien du lien pédagogique durant la période de confinement ont appris avec stupéfaction le refus de l’ouverture d’une division de sixième. Ils entament aujourd’hui un mouvement pour protester contre le traitement méprisant dont ils sont victimes. Les parents d’élèves les soutiennent. Le saupoudrage de quelques heures de dédoublement ne peut pas compenser l’injustice dont ils sont victimes. Il y a fort à parier que le CHSCT aura prochainement à se pencher sur la question des conditions de travail au collège de Chaudes Aigues. Cette situation est inadmissible et doit évoluer dès ce CTSD avec l’annonce d’une rectification et la création d’une seconde division de sixième.

– les écoles du Cantal comme le reste des départements de France qui devaient perdre des postes ont eu une carte scolaire à zéro. La carte scolaire de notre département implique la fermeture du poste de Conseiller Pédagogique du numérique alors qu’il semble qu’en cette période de continuité pédagogique, les enseignants auraient eu besoin d’aide à ce niveau, aussi bien pour une véritable formation dans ces domaines que pour disposer de conseils dans leur quotidien professionnel.

Bien triste constat, alors que nous attendions tous des mesures « phare » pour le bien être de l’Ecole en perdition depuis de nombreuses années. Alors que l’Italie prépare sa rentrée en créant 50 000 postes supplémentaires dans l’éducation, et en investissant significativement dans l’achat de matériel pour équiper les élèves, l’Éducation Nationale en France en est encore à bricoler  sur le plan du numérique, aussi bien en terme d’équipement qu’en terme de formation des personnels.

En revoyant les mesures de prévention à la baisse, le nouveau protocole sanitaire prend le risque de voir l’école contribuer à la relance épidémique et donc d’impacter à terme la possibilité d’accueillir les élèves en présentiel, au lieu d’organiser cet accueil de manière sécurisée, durable et pérenne. Le fait de ne pas fournir aux élèves les masques pourtant exigés est une atteinte au principe de la gratuité de l’école.  

Les personnels en contact corporel direct avec les élèves (infirmier.es, assistant.es d’élèves en situation de handicap) ne font toujours l’objet d’aucune mesure ni équipement spécifiques. 

Au niveau des effectifs, aucun plan d’urgence n’a donc  été mis en œuvre.  Sans recrutement pour baisser les effectifs dans l’ensemble du système éducatif, le risque d’une nouvelle vague est renforcé. Alors que ni la réussite scolaire des élèves, ni leur santé ou celle de leur famille ne devraient être sacrifiées, les mesures nécessaires ne sont pas mises en œuvre. L’absence d’anticipation comme de recrutement des personnels risque une nouvelle fois de faire payer aux élèves et aux familles les conséquences du refus d’investir dans les services publics. 

Durant la période de confinement et de post confinement, le CHSCT départemental est quant à lui resté confiné, tenu à l’écart des décisions d’organisation pour lesquelles il aurait pourtant dû être consulté. Nous espérons à cet égard que, prenant acte de cette défaillance grave qui a été tracée par les organisations syndicales à plusieurs reprises et unanimement, l’autorité académique départementale modifiera sa posture et sollicitera conformément à la réglementation les représentants des personnels qui siègent dans cette instance sur les questions de réorganisation du travail dans les écoles et les établissements du secondaire.  La CGT Éduc’action continue de réclamer un plan d’urgence pour l’éducation, incluant mesures de préventions réelles et adaptées à la réalité du métier, baisse des effectifs, investissement dans les équipements, formation des élèves et des personnels, réquisition et aménagement de locaux, le tout dans un objectif de prévention maximale du risque épidémique tout en assurant l’accès au service public d’éducation à tous les élèves, en particulier les élèves des classes populaires qui subissent de plein fouet ce manque de préparation”.