CPE, une époque formidable !

Edito

Nous vivons une époque formidable, celle de la Covid, du travail masqué à longueur de journée.

Entre la rentrée et les vacances de Noël, nous avons eu à gérer le stress de la crise sanitaire. En plus de nos différentes tâches quotidiennes inhérentes à notre travail, notre temps est consacré à gérer les cas d’élèves positif·ves, les cas contacts : faire de la prévention, informer les familles, les collègues.

Lorsqu’un·e élève est déclaré·e positif·ve, nous contactons les proches avec lesquel·les il·elle a mangé, qu’il·elle a côtoyés en dehors du lycée…

La prudence nous porte à les éloigner et à faire respecter le protocole sanitaire : éloignement de l’établissement, quarantaine 14 jours maximum et retour si test négatif.

Mais que nenni, nous signalons trop d’élèves, il faut être raisonnable, arrêtons cela. La Covid s’arrête aux portes du bahut. À la DP, les cas contacts sont les voisin·es direct·es de droite et de gauche et celui· celle d’en face, les autres sont trop éloigné·es.

Les élèves dans leur grande majorité portent le masque, mais la journée est longue, parfois ils·elles le retirent lors des pauses, dans les cours de récréation, devant les bahuts et principalement à la demi-pension… Ils·elles ne le portent pas à l’extérieur, ça ne nous regarde pas, gestion privée, pas touche !

La Covid a aussi touché les équipes. Dans certains établissements sur Paris, on a déshabillé les Vies scolaires pour remplacer les AEd d’autres établissement en dépit du droit ! Ubuesque.

Pourtant la CGT Éduc’action avait proposé la création de brigades de remplaçant·es pour pallier les manques (nous on anticipe !).

Le stress, c’est aussi lorsqu’un·e CPE change de chef·fe, il·elle ne le sait pas encore mais il·elle change aussi de travail. Le·la CPE doit de nouveau justifier son temps de travail… remettre à plat ce qui est au cœur des problématiques et des Risques Psycho Sociaux de notre profession… parfois source de souffrance, de brimades et du début de la descente aux enfers… La pression peut amener certain·es collègues au burn out.

Pour rappel la CGT Éduc’action, lors des discussions métier, a tenu à ce que les 35 heures soient enfin inscrites dans notre circulaire métier (celle de 2015). Nous avons refusé et obtenu, avec certaines des organisations syndicales présentes, que toute référence à une annualisation soit gommée. Non, le service de petites vacances n’est pas obligatoire. Nous ne sommes pas des personnels annualisés, nous avons une référence hebdomadaire de 35h T.T.C inscrites à notre emploi du temps. Non, les 4 heures ne sont pas une variable d’ajustement mais juste une aide dans la réalisation de nos missions, pour nos recherches, lectures.  Eh oui le·la CPE travaille en dehors de son cadre professionnel, se documente, s’informe, lit, produit des supports à destination des élèves et des collègues ce qui représente largement plus de 4 heures. Mais cela reste invisible à certain·es chef·fes d’établissement.

Nous travaillons bien évidemment sur  notre matériel personnel. Là aussi en toute transparence, c’est sans doute ce qui explique que nous sommes exclu·es de la Prime numérique !

La pression se fait aussi sentir avec la politique du PPCR chère à notre ministère, lors des rendez-vous carrière dont les entretiens servent souvent à mettre la pression et à bien des régulations sauvages sur le dos des collègues. Parfois on s’entend reprocher d’être intervenu·e en C.A, on se fait rappeler une obligation de réserve, de « loyauté» (qui n’existe pas). Sic !
La CGT Éduc’action a dénoncé avec raison les risques et demande un retour au paritarisme d’avant.

Allez, nous sommes en 2021, nouvelle année, nouvelles pratiques, rendez-vous dans la Rue…

François Quinchez

Animateur du Collectif Vie scolaire de la CGT Educ’action