Lettre ouverte aux chef.fe.s d’établissement

Le 8 mai 2020

Mesdames, Messieurs les chef.fe.s d’établissement,

     La CGT Educ’Action 63 tient par cette lettre à vous interpeller sur les garanties que vous pouvez apporter pour une rentrée saine et sécurisée. 

Nous nous permettons de vous rappeler que les obligations de garantir la sécurité et la santé de tou.te.s les travailleurs·ses amené·es à intervenir dans l’établissement restent et demeurent entières. Ces obligations, non dérogatoires et supérieures à tout pouvoir hiérarchique, découlent de la directive UE 89/391 transcrite dans notre droit national, notamment dans les articles L.4121‐1 et L.4121‐2 du Code du Travail. Le non‐respect de ces obligations engage directement votre responsabilité civile et pénale de direction.

En effet, selon les informations dont nous disposons aujourd’hui, du gouvernement, des médias, de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et de l’Organisation internationale du travail (OIT), ce virus est très virulent et présente de vrais et graves dangers pour la santé des travailleur·ses. Sinon, toute la population ne serait pas contrainte au confinement total. L’OIT enjoint notamment les gouvernements à prendre des mesures urgentes en insistant tout particulièrement sur la protection des travailleurs et des travailleuses. La Confédération syndicale internationale et ses fédérations recommandent de leur côté les gouvernements : « les travailleurs sont en première ligne des impacts économiques, sociaux et sanitaires de la crise du COVID‐19. Ne pas les protéger ne fera qu’accroître la vitesse de la propagation de la maladie. Les gouvernements et les employeurs doivent agir pour protéger les travailleurs[.ses] et empêcher la transmission de la maladie dans les lieux de travail ».

     Or, le protocole sanitaire tel qu’il est présenté nous semble inadapté et propre à remettre en cause la sécurité des personnels et des élèves tant sur le plan psychologique, que pédagogique ou encore sanitaire et donc à engager votre propre responsabilité. 

     “De manière plus générale, le risque d’aggravation des inégalités sociales est considérable dès lors que chaque enfant est renvoyé à son seul contexte familial.  ” (circulaire du 4 mai 2020)

     L’argumentaire présenté ici pour expliquer la hâte à rouvrir les écoles repose sur la nécessité  de réduire la “fracture sociale” et la “fracture scolaire”. Or, ne soyons pas dupes !

Tout d’abord, nulle part est question d’instaurer un moratoire sur la suppression des postes et sur la baisse de la dotation horaire globale dans de trop nombreux établissements ce qui aura pour effet d’aggraver au contraire l’an prochain la fracture sociale et scolaire. En effet, le maintien de postes dans les petites communes a eu comme effet délétère la suppression de postes dans d’autres communes, y compris en REP. 

     De plus, l’instauration du volontariat pour les parents ne permettra pas le retour d’enfants qui sont déjà à moitié déscolarisés, décrocheurs ou absentéistes. Vous êtes parfaitement conscient.e.s que les moyens humains mis à votre disposition ne permettent pas à la fois de préparer des conditions acceptables de réouverture de vos établissements et à la fois, de passer de précieux instants à tenter de convaincre ou même de joindre des parents récalcitrants…. Vous êtes d’ailleurs nombreux.ses à être obligé.e.s de repousser la pré-rentrée car le temps vous manque avant le 18 mai…

     Le public visé ne sera donc pas celui attendu, ni les élèves en décrochage, ni les enfants des personnels soignants dont un grand nombre bien conscients de la gravité de la pandémie et du risque de contagion ont déjà préféré trouver des solutions alternatives durant le confinement et continueront certainement sur cette lancée et des enseignant.e.s qui, pour un grand nombre, lucides des obstacles pédagogiques et sanitaires, trouveront également d’autres modalités de garde. 

     Enfin, vous êtes bien conscient.e.s également que cette politique du volontariat sans en être vraiment une, aggravera au contraire la fracture scolaire entre ceux et celles qui ont les moyens de garder les enfants à la maison et ceux et celles qui, faute d’alternative, remettront les leurs, la boule au ventre. 

“Le confinement imposé par les circonstances sanitaires révèle plus que jamais l’importance du lien concret entre l’élève et le professeur. ” (circulaire du 4 mai 2020)

Si l’on entre dans le vif du sujet avec une approche critique de ce protocole, il est évident qu’il va contre l’intérêt pédagogique des élèves et des professeurs et justement contre ce lien concret tant vanté

Quelques exemples  vous éclaireront sûrement :

Sur l’évaluation :

Depuis un mois et demi, il a été demandé a posteriori aux enseignant.e.s de ne pas faire compter les évaluations sous motif que cela serait discriminant. Comment dès lors se déroulera l’évaluation entre ceux/celles qui seront présents et ceux/celles qui resteront chez eux/elles ? Si on invoque le même motif, il n’y aura aucune donnée chiffrée ou commentaires pour statuer sur le passage en classe supérieure lors des conseils de classe. 

Sur la mise en œuvre pédagogique qui est au cœur des pratiques des enseignants en interaction avec leurs élèves et c’est là que réside tout l’intérêt du présentiel :

Il apparaît peu tenable compte-tenu de la distanciation physique de demander aux élèves de venir au tableau, de circuler entre les tables, de vérifier ce que les élèves écrivent et de les corriger. De même, un élève va-t-il, afin d’écrire au tableau, prendre ses propres marqueurs et doit-on désinfecter à chaque fois que son poignet touchera le tableau ? 

    Enfin, devant l’interdiction d’échanger du matériel ou de toucher le même matériel, comment organiser le cours d’arts plastiques, de musique ou de sport ? (d’autant plus que nombre de maire.sse.s ont interdits l’accès aux stades et gymnases pour une période indéterminée) L’accès au CDI paraît également impossible avec l’interdiction de toucher aux mêmes livres, de toucher aux mêmes ordinateurs….. 

    La solution trouvée est de “privilégier des démonstrations par l’enseignant.e ou à l’aide de vidéos” dans les cours spécifiques mais aussi, par la force des choses dans les autres ! Où alors réside l’intérêt d’un cours en présentiel ? 

Sur les inévitables oublis de matériel :

Que faire si un élève a oublié ses feuilles, son livre, son cahier ? (comme ça arrive souvent) puisque les élèves ne doivent pas échanger leurs affaires ? Quid de l’utilisation des manuels pour deux ? des cahiers d’activités restés en classe ? des manuels de LV2, de latin ou de grec par exemple qui sont souvent en nombre limité et utilisés par plusieurs classes et par plusieurs élèves au cours d’une même journée ?

Sur la gestion du personnel enseignant :

Il apparaît aux dernières nouvelles que le personnel présent ne sera pas soumis au télétravail ce qui signifie qu’une même classe pourrait avoir des cours de deux professeur.e.s différent.e.s dont certain.e.s ne seront pas familier.e.s avec le programme et auront un court laps de temps pour préparer des séquences. 

Enfin, au dernier CTM du 5 mai, les enseignant.e.s ayant des enfants scolarisés peuvent bénéficier d’ASA au rythme des rentrées échelonnées (pas avant début juin pour les lycées). 

Passons maintenant aux aspects psycho-sociaux. 

Sur le dialogue avec les élèves et l’expertise scientifique apportée :

“Outre les dimensions sanitaires, le retour à l’école des élèves implique de prendre en compte les dimensions sociales, psycho-affectives et familiales liées à la période de confinement ” (circulaire du 4 mai 2020)

     Malgré les protestations de bonne foi de cette circulaire, nous savons très bien le déficit d’encadrant.e.s dans l’éducation nationale que ce soit pour les infirmier.e.s, médecins scolaires, COP, psychologues ou assistant.e.s social.e.s. Les enseignant.e.s ne sont en rien formé.e.s pour la prise en compte et la discussion sur des impacts psycho-sociaux qui peuvent être dramatiques (maladies, décès, détresse, stress), d’autant plus que la distanciation sociale est de mise ! 

     Objectivement, a-t-on réellement assez d’un.e infirmier.e (pas présent.e tous les jours, partagé.e entre plusieurs établissements parfois), d’un.e médecin souvent inexistant.e, d’un.e COP (présent.e un jour par semaine au mieux) et d’un.e assistant.e social.e (même remarque) pour pallier les situations psycho-sociales tendues et les problèmes médicaux ?

     Objectivement, est-il sérieux de considérer et de croire que médecins et infirmier.e.s vont fournir expertise et conseils aux équipes, et ce, dans tous les établissements ? 

     Objectivement, quelles connaissances précises peuvent avoir médecins et infirmier.e.s scolaires sur ce virus quand dans le même temps les scientifiques se contredisent ? Mêmes interrogations sur les autres encadrant.e.s qui auront à pallier ce manque de personnel sans compétence médicale et scientifique…. 

     Quelques chiffres au niveau national : 900 médecins scolaires en 2020 pour 12,5 millions d’élèves (500 postes vacants) avec déjà de grosses difficultés à faire passer les 2 bilans obligatoires et donc 1 médecin scolaire pour plus de 13 000 élèves; pour les infirmier.e.s, 7 600 infirmier.e.s scolaires donc 1 infirmier.e pour 1 644 élèves !!

Sur la récréation :

Vous n’êtes pas sans savoir que l’aménagement d’une pause et la récréation ont un fort impact  psycho-social. Or, si on lit le protocole, la possibilité d’aller en récréation paraît fort compromise dans ses modalités : pas de contact entre élèves, pas de banc pour s’asseoir, ne pas s’asseoir par terre, pas de jeu collectif comme le ping-pong, pas de sortie si temps pluvieux, pas de foyer…

     Oublions donc là aussi l’école comme lieu d’apprentissage et de sociabilisation et n’écoutons pas trop les propos de Julie Delalande anthropologue reconnue de l’enfance : “La récréation est un des rares moments où les enfants sont laissés libres de mener leurs activités, dans les limites d’un espace, d’un temps et d’un règlement particuliers. Instant de détente et de défoulement dans la journée scolaire, ce moment est apprécié des élèves qui s’en saisissent pour l’alimenter de leurs jeux. ” ….

Poursuivons sur les aspects pratiques de la mise en œuvre de ce protocole et ses failles problématiques.

     Ceci est aussi essentiel car il est dit expressément dans le protocole que l’ouverture des établissements s’effectue dans “le strict respect des prescriptions émises par les autorités sanitaires. “

Sur la distanciation physique de 1 m en toute circonstance :

L’organisation mise en place dans les établissements doit permettre de décliner ce principe dans tous les contextes et tous les espaces (arrivée et abords de l’établissement, récréation, couloirs, préau, restauration scolaire, sanitaires, etc.). 

Les prescriptions sanitaires insistent sur la nécessité de faire respecter cette distance minimale tout en tenant compte de la difficulté que cela peut représenter. „ (extraits du protocole)

    Il est question des difficultés que vous aurez à faire respecter la distanciation physique (ainsi que tous le personnel). Par contre, aucune solution n’est avancée ! A vous de gérer ces difficultés et donc d’engager votre responsabilité! 

     Bien évidemment, faire respecter cette distanciation à des élèves jeunes encore (10/11 ans au minimum jusqu’à 18 ans) relève de la gageure et nuit grandement aux rapports entre enfants qui seront ainsi frustrés et toujours sur le qui-vive et ceci, dans un contexte qui suscite déjà forcément de l’anxiété. 

    Imagine-t-on les retombées d’une surveillance constante et des remarques nombreuses sans pour autant pouvoir intervenir de près ? Comment comptez-vous intervenir dans une bagarre en respectant la distanciation physique ? Comment réagir si un enfant fait une crise d’angoisse ? 

    Il est évident également qu’il n’y a pas assez d’encadrant.e.s pour surveiller efficacement le bon respect des gestes barrières entre les enfants : l’enfant se retrouve donc seul responsable dans certains cas de l’application des consignes et donc de sa santé !!

     De même, cela impliquera forcément des lourdeurs dans l’entrée et la sortie de classe, l’éventuelle attente au self, aller en récréation, rentrer en cours, circuler dans les couloirs, réagir à la sonnerie, etc. 

      Il apparaît donc que ce respect de la distanciation physique est inapplicable et donc qu’il n’y a pas possibilité d’un strict respect des prescriptions…

Sur le lavage de main pendant 30 secondes :

Le lavage des mains doit être réalisé, a minima : 

o à l’arrivée dans l’établissement ; 

o avant de rentrer en classe, notamment après les récréations ; 

o avant et après chaque repas ; 

o avant d’aller aux toilettes et après y être allé ; 

o après s’être mouché, avoir toussé, avoir éternué ; 

o le soir avant de rentrer chez soi et dès l’arrivée au domicile. „ (extrait du protocole)

     Toutes ces prescriptions sont impossibles à respecter : en effet, d’une part, il n’y a pas assez de points d’eau qui doivent être distants de 1m au moins chacun (sachant qu’un point d’eau doit être dédié aux éventuels malades du coronavirus) et ce, dans de nombreux établissements. 

     Par exemple 200 élèves qui vont devoir aller se laver les mains minimum 8 fois dans la journée pendant 30 secondes nécessitent un temps global de 13h… Bien évidemment, ils ne le feront pas tous en même temps mais cela représente quand même un volume horaire exorbitant ramené à la nécessité de faire des cours 1 semaine sur 2… ou 1 jour sur deux… 

     D’autre part, ce qui est valable pour les élèves l’est forcément aussi pour le personnel : quid du professeur qui éternue et qui est donc obligé de laisser sa classe pour aller se laver les mains 30 secondes (et donc ne pas pouvoir surveiller que ses élèves respectent les gestes barrières…) ? 

     Quid de la prise en compte du pic pollinique des graminées en mai et juin avec 25% de la population atteinte par les rhinites saisonnières… et les éternuements incontournables ? 

     Si l’on ajoute à cela la nécessité évidente de se laver les mains après avoir touché des objets possiblement contaminés (poignées de portes, rampes d’escaliers, boutons pour l’ascenseur, tables, chaises…), cela est clairement ingérable et cet aspect du protocole ne pourra pas non plus être respecté !

Sur les arrivées échelonnées :

“L’arrivée et le départ de l’établissement pourraient se dérouler progressivement, étalés dans un temps prédéterminé, en fonction du nombre d’élèves accueillis par salle et des personnels présents” (extrait du protocole)

Cela est impossible à mettre en œuvre dans certains établissements notamment ruraux avec les transports scolaires qui desservent plusieurs types d’écoles ou des collèges avec la majorité des enfants arrivant en bus…

Sur le nettoyage des locaux :

“Pour les salles de classe qui sont restées fermées depuis au moins 5 jours, la probabilité que le virus soit présent sur les surfaces est quasi nulle et aucune mesure spécifique de désinfection n’est nécessaire. Un nettoyage de remise en propreté selon le protocole habituel est suffisant” (extrait du protocole)

     Or des études montrent que la “survie” du virus peut aller jusqu’à 17 jours ! Donc cela débouche sur une distorsion entre le discours scientifique et les mesures prises !

Source : https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2020/03/26/coronavirus-combien-de-temps-le-sars-cov-2-reste-t-il-infectieux-sur-des-surfaces_6034549_4355770.html

Sur la gestion par la vie scolaire :

Le personnel de vie scolaire est au centre de ce dispositif et a un surcroît considérable de travail avec une préparation souvent limitée dans le temps en tenant compte des inévitables absences (personnes fragiles, grève éventuelle, droit de retrait éventuel, ASA si leurs propres enfants ont des rentrées retardées). 

     Or, il apparaît clairement qu’il sera en nombre insuffisant dans de nombreux établissements … Par exemple, 3 surveillants dans un petit collège (plus le CPE) devront gérer par exemple à midi : les sorties, la surveillance de la cour, le self, les couloirs et bâtiments, veiller à ce que les parents ne rentrent pas, surveiller les sanitaires pour gérer les flux, superviser le lavage de main, assurer les appels en vie scolaire des parents…. sachant que cette surveillance est d’autant plus primordiale que c’est d’elle que dépendra la sécurité de tous et toutes ! 

     Ceci paraît encore une fois ingérable tant dans les petits établissements (avec peu de personnel de vie scolaire) que dans les grands (espace plus vaste et plus difficile à gérer).

Sur les masques des élèves et des personnels :

“Il appartiendra aux parents de fournir des masques à leurs enfants lorsque les masques seront accessibles aisément à l’ensemble de la population.  Dans l’attente, le ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse dote chaque collège et lycée en masques de même qualité que ceux mis à la disposition des enseignants (masques grand public de catégorie 1) afin qu’ils puissent être fournis aux élèves qui le souhaitent ou doivent en être équipés et qui peuvent l’utiliser à bon escient. „ (extrait du protocole)

     Qu’est-ce donc que ces masques dits grand public de catégorie 1 ? C’est une nouvelle catégorie non homologuée créée pour l’occasion. Ils ne filtrent pas l’air mais évitent la propagation de particules de salive potentiellement contaminées. Ils évitent en outre, de porter ses mains à sa bouche ou à son nez. Ils peuvent être lavés (à 60°) et réutilisés.”

Ils sont donc moins efficaces que les masques chirurgicaux qui protègent l’environnement du porteur ou que les masques FFP2 qui protègent le porteur.se et sont eux-mêmes beaucoup moins performants que les masques chirurgicaux… 

Bref, vous l’aurez compris, cette nouvelle sorte de masque a été créée pour parer au plus pressé : non homologué, apparemment testés par la DGA mais qui reconnaît elle-même qu’elle n’est pas compétente pour recommander l’utilisation des nouveaux masques”…. Leur avantage est de pouvoir être réutilisé et lavé, à l’inverse des deux autres catégories… 

Il est d’ailleurs rappelé  qu’il s’agit des masques dits “barrière” ou “anti projection simple”, ce que les fabricants de la filière nomment les “masques alternatifs” ou “masques grand public”. Ils ne sont pas soumis aux mêmes tests d’efficacité prescrits par des normes en vigueur, leur efficacité contre les virus et les bactéries n’est pas démontrée. “Il n’existe pas de preuve scientifique de l’efficacité des masques en tissu, rappelle la SF2H (Société française d’hygiène hospitalière”, dans un avis rendu le 21 mars!

Source : https://www.usinenouvelle.com/article/quels-sont-ces-masques-grand-public-destines-a-la-population-pour-le-deconfinement.N946446

      Bref, de tels masques dont l’efficacité n’est pas prouvée exigeraient que les porteur.se.s soient sain.e.s ce qui ne peut pas être le cas en l’absence de dépistages…  ou a minima que les gestes barrières soient scrupuleusement respectés, ce qui ne peut être le cas, nous espérons vous l’avoir démontré ! 

      Ces considérations exigent aussi a minima que ce masque, qui offre somme toute peu de protection, soit au moins convenablement ajusté ! Or, pour ce qui est de l’aspect pratique, qui vérifie que les masques des élèves soient bien mis ? (masque changé une fois dans la journée) vu qu’un masque mal mis est inopérant !  Comment vérifier que les masques fournis par les familles soient aux “normes”? 

      Enfin, pour rappel,  leur prix n’est pas encadré et la répression des fraudes n’a pas assez de moyens humains pour effectuer une surveillance concernant le respect des “normes” bien minces par ailleurs…. 

     Au final, faute de temps, ce masque grand public n’a pas démontré son efficacité, il doit donc être accompagné de gestes barrières strictes, être placé convenablement et ne saurait correspondre à des cas où les personnes n’ont pas été dépistés….

Sur le nettoyage et ses préconisations :

     Toutes les préconisations du protocole amènent nécessairement un surcroît important de travail pour le personnel d’entretien. Là encore, il apparaît clairement une impossibilité de mise en œuvre avec le personnel actuel.

     D’où nos interrogations légitimes afin que ce protocole puisse être strictement appliqué : 

– Est-il prévu du personnel en plus ? (quid des personnes à la santé fragile et qui seront en arrêt maladie ?)

– Que faire des élèves entre deux nettoyages approfondis de salles spécifiques ?

“Veiller à la réalisation d’un nettoyage approfondi des tables, chaises, équipements et matériels en contact avec les élèves lorsque des groupes différents se succèdent dans les salles d’enseignements spécifiques.” (extrait du protocole)

– Êtes-vous certain.e.s de l’innocuité des produits utilisés par ailleurs sur les élèves qui viendront juste après et qui n’auront pas de gants ?

“désinfectant virucide conforme à la norme EN 14476”, “solution désinfectante à base d’eau de Javel diluée à 0,5 % de chlore actif ” (extraits du protocole)

     Par exemple, parmi les contre-indications, il est marqué : “Ne pas utiliser sur les muqueuses et peaux lésées. Ne pas utiliser sur les surfaces en contact avec les denrées alimentaires. ” d’où un problème à résoudre si la salle de classe sert aussi de lieu de restauration…

Sur la restauration :

“La gestion des matériels collectifs (plateaux, couverts, brocs d’eau, etc.) est adaptée pour limiter les contacts. ” (extrait du protocole)

Là encore, se pose un problème de personnel.le concernant celui/celle de restauration et de vie scolaire qui seront confronté.es à un surplus conséquent de travail au niveau de la restauration et de la gestion des élèves avec en plus,  la pression à gérer.

     Dans le cas d’un choix de restauration dans la classe, des problèmes d’hygiène se posent et compter sur des repas froids préparés par les parents sur une longue période ne paraît pas non plus souhaitable. 

     Au final, nous espérons que vous conviendrez face à tant d’exemples que respecter ce protocole n’est pas chose possible et cela va avoir un impact direct sur la pédagogie qui se trouve gravement affectée, sur les risques psycho-sociaux qui en découlent, sur la gestion du personnel sans parler des risques sanitaires qui sont loin d’être résolus. 

     Or, il est indiqué qu’il vous appartient “avant la réouverture” “d’organiser la reprise dans le respect de la doctrine sanitaire et de vérifier son applicabilité avant l’accueil des élèves.” Donc il nous apparaît que votre responsabilité face à la décision de ré-ouvrir votre établissement est clairement engagée par la lettre même de ce protocole. 

     Il paraît plus juste de réunir un conseil d’administration (par visioconférence par exemple) avant toute décision de réouverture et de permettre à tou.te.s les acteurs.rices de s’exprimer que ce soit l’administration, le personnel d’entretien et de restauration, la vie scolaire, les enseignant.e.s, les parents d’élèves et même les élèves. 

      D’autre part, nous pensons qu’il est extrêmement souhaitable que tout ce qui paraît constituer un danger grave et imminent puisse être consigné dans le registre SST et ce, quelque soit la personne qui le consigne. En effet, face à toutes nos remarques, êtes-vous en mesure aujourd’hui de certifier qu’elles seront toutes solutionnées ? 

     Pour finir, il apparaît également incontournable de vous informer de la bonne disponibilité des masques, gel hydroalcoolique, produits d’entretien, etc. Et ce, dans un contexte de flux tendus. 

     Dans l’attente d’un retour et surtout, nous l’espérons, d’une saine prise de conscience et peut-être d’un peu de courage, nous vous prions de recevoir nos salutations distinguées,

Le bureau CGT Educ’Action 63

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