DÉCLARATION À LA CAPA DES CERTIFIÉS

Cette CAPA s’ouvre dans un moment de lutte contre la réforme des retraites. Le mouvement social en cours touche les enseignants comme l’ensemble des fonctionnaires mais plus largement tous les travailleurs de notre pays. Cette mobilisation bénéficie d’un soutien de la population qui ne se dément pas; les grèves mais aussi d’autres formes d’actions se déploient sur tout le territoire national. La CGT continue d’appeler l’ensemble des personnels à la mobilisation jusqu’au retrait du projet de loi.

Au sein de l’Éducation nationale, cette mobilisation se double du refus de la réforme du lycée, dernier avatar d’une succession de réformes qui, sous couvert d’un discours mensonger de lutte contre les déterminismes sociaux, s’emploie à détruire le service public d’éducation. Cette réforme construit un Bac à plusieurs vitesses avec des conséquences importantes pour l’avenir des élèves dans Parcours sup. Elle entraine cette année une nouvelle baisse des DHG qui fait réagir les collègues dans de nombreux lycées (-80h au lycée Blaise Pascal; – 150h à Monnet-Mermoz à Aurillac par exemple) malgré les annonces du Rectorat qui, par un tour de passe-passe statistique, tente de la masquer. Plus globalement, ce gouvernement néolibéral multiplie les lois qui détruisent tous les services publics et les fondements d’une République qui se revendiquaient démocratique et sociale.

Concernant la tenue des E3C, le gouvernement feint de n’être confronté aujourd’hui qu’à quelques enseignants “indignes”. C’est nier avec force et mépris les alertes que les organisations syndicales et les enseignants de lycées ont portées auprès des instances depuis la rentrée 2019; c’est aussi traiter avec mépris et de façon mensongère la mobilisation de nombreux enseignants (Si 99,9% des enseignants aiment leur métier, ils ne sont pour autant pas favorables à cette réforme); cette mobilisation concerne aussi les parents d’élèves.

Notre ministre choisit de répondre aux enseignants par l’intimidation et la répression en criminalisant l’action syndicale. Notre académie en est un triste exemple. Nous demandons que cessent ces pratiques. Nous exigeons, comme nous l’avons déjà dit, le retrait des dépôts de plainte, et l’arrêt de toute menace de sanctions.

Venons-en maintenant à l’ogre du jour de cette CAPA : les demandes de recours pour réviser l’appréciation finale faisant suite au rendez-vous de carrière PPCR. 61 collègues, qui ont bénéficié d’un rendez-vous de carrière, ont soumis un recours à la CAPA d’aujourd’hui. De même que l’année dernière, l’incohérence qui se dégage si l’on compare les items renseignés par les chefs d’établissements et les inspecteurs, avec l’avis du recteur, témoignent de la discordance entre ces items et la réalité de nos pratiques professionnelles mais aussi l’écart entre les enseignants de terrain et une bureaucratie de plus en plus éloignée des serviteurs de l’État en bout de chaine. Nous dénonçons notamment le principe d’attribution des appréciations qui repose sur des quotas, des quotas en total déphasage aussi bien avec les modalités d’évaluation issus du PPCR qu’avec la réalité du terrain. On en veut pour preuve l’explosion de ces mêmes quotas, l’année dernière, et, d’ores et déjà , cette année dans d’autres académies (Par exemple, dans l’académie de Dijon, à l’issue de la même CAPA qui nous occupe aujourd’hui, les résultats s’élèvent à 17% d’avis excellent au lieu des 10% prévus pour le 3ème rendez-vous de carrière et 51% d’avis très satisfaisant au lieu des 45% prévus). De plus, ces appréciations issues du 3ème rendez-vous de carrière sont pérennes. Or, nous avons eu beaucoup de retours de collègues, l’année dernière, qui n’ont pu contester leur appréciation finale du fait du dépassement de la date de contestation possible. La procédure de recours est longue, compliquée, et décourage nombre de collègues. Certains d’entre eux, par exemple, se sont donc vus attribuer l’appréciation finale “très satisfaisant”, pour le restant de leur carrière, tandis que leurs 11 items sont notés “excellent”. Ces faits renforcent la position de la CGT Éduc’action qui rappelle son opposition à la gestion méritocratique des carrières et de l’avancement, qui n’est rien d’autre qu’une gestion managériales des carrières, complètement déshumanisée.

Ainsi, comme nous l’avons déjà dénoncé, le PPCR n’a en rien amélioré la situation des collègues et les annonces de revalorisation salariale avec lesquelles M. Blanquer tente d’appâter les collègues pour affaiblir la mobilisation ne trompent personne.

D’ailleurs, monsieur le Ministre n’a même pas l’aval de la Constitution ! Outre les critiques sévères (projections financières lacunaires, impossibilité de garantir la sécurité juridique, recours aux ordonnances…), inscrire l’obligation d’une revalorisation via un futur projet de loi dans un autre projet de loi (sur les retraites) est “inconstitutionnel”. Quel désaveu pour le gouvernement !

C’est pourquoi nous appelons l’ensemble des personnels de l’Éducation nationale à amplifier la mobilisation, sous toutes les formes possibles, aux côtés des autres travailleurs dans la semaine qui vient, notamment dans le cadre de la grève nationale du 6 février.

Enfin, à l’heure où est lue cette déclaration, voici un autre exemple de jusqu’au boutisme qui fait fi des règles élémentaires de sécurité : des épreuves d’E3C se poursuivent au lycée Blaise Pascal pendant que l’alarme incendie est déclenchée…

Plus d’info par ici : http://cgteduc-hauteloire.fr/2020/02/capa-certifies-recours-appreciations-ppcr-declaration-de-nos-elu.e.s-et-compte-rendu.html

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