Lettre à la DASEN de l’Allier : rentrée dans les écoles

 

Madame la DASEN de l’Allier

Nous vous adressons ce courrier à propos de la rentrée dans les écoles qui malgré ce que peut annoncer le ministre ne s’est pas faite sans difficultés.

Tout d’abords dans de nombreuses écoles de l’Allier, les collègues ne disposaient pas de masques à la rentrée sauf s’ils avaient des restes de la fin d’année scolaire (quand ces derniers n’avaient pas été volés). Beaucoup d’équipes ont dû acheter elles-mêmes des boites de masques et n’avaient toujours pas de livraison à la fin de la première semaine d’école.

Les équipes ont bien sûr préparé en amont cette rentrée pour qu’elle soit la plus « douce » possible, cela dans un silence assourdissant de l’administration. Aucune communication des IEN (sans doute eux-mêmes sans informations précises puisque semble-t-il arrivant au compte-gouttes et tardivement). Il est même à noter des initiatives d’organisations tenant aux équipes elles-mêmes, par exemple, pour préparer l’accueil des tous petits et de leur famille, ces initiatives ont été vécues comme transparentes par les collègues.

Les enseignant.e.s qui ont pris l’habitude de communiquer avec les parents par mail pendant la période de confinement. Ces dernier.ère.s ont trouvé des boites saturées par des dizaines de mails, la plupart sur des motifs ne justifiant pas ce volume ingérable de messages.

Les directeur.trice.s continuent d’être surchargé.e.s par les tâches administratives, et n’ont pas apprécié les nouvelles demandes qui consistent à remettre en tableau (procédure de gestion cas COVID) des informations qui figurent sur ONDE et auxquelles l’administration a accès. Les directeur.trice.s alertent à nouveau sur le fait qu’ils étouffent sous le poids de tâches qui pour certaines apparaissent inutiles car déjà réalisées.

La rentrée n’est pas non plus celle des élèves en situation de handicap, des AESH ne sont pas encore affecté.e.s, aucun matériel adapté n’est disponible (blouses, masques transparents, visières) ce qui empêche des enfants d’être scolarisés. Il peut également être noté que beaucoup d’enfant se « retrouvent » avec des notifications mutualisées. Permettez-nous de douter de ces décisions et de ne pas soupçonner des motivations attachées à la gestion des personnels plutôt qu’aux besoins de l’enfant.

Nous passerons sur les évaluations et tests de positionnement qui exaspèrent les collègues qui le vivent comme une remise en cause de leur métier et de leur choix pédagogique. Etant entendu que les enseignants mettent en place des évaluations sans injonction et vivent ces campagnes nationales comme une lourdeur supplémentaire. Ils ont l’impression de passer plus de temps à mesurer qu’à transmettre des connaissances et organiser les apprentissages.

Les équipes pédagogiques témoignent du besoin d’école, de la nécessité de retrouver les élèves mais cela dans un contexte qui garantisse leur sécurité, celle de leurs élèves et de leur famille. Ils.elles se sentent abandonné.e.s et laissé.e.s dans un silence impressionnant, méprisés quand un premier ministre dit que les enseignants ne participent pas au redressement économique de la France. Ils n’attendent pas une prime (qui pour le moment serait réservée aux directeur.trice.s) mais une reconnaissance de leur fonction par de la considération, des conditions de travail garantissant la santé et la sécurité et surtout la revalorisation conséquente de leur traitement.

Nous vous prions d’agréer, Madame la DASEN de l’Allier, l’expression de nos salutations le plus respectueuses.

 

                                                                                   Nicolas ROBIN et Elena BLOND

                                                                                   Co-secrétaires CGT Educ’action 03