Combattre les idées d’extrême droite

Pendant toute la campagne électorale, les thèmes de l’extrême droite ont saturé l’espace public. Avec 33% de votants pour l’extrême droite au premier tour, celle-ci n’a jamais été aussi forte. Tout au long de son quinquennat, le président sortant a soufflé sur les braises pour mieux enfermer le débat politique dans un duel l’opposant à Marine Le Pen. Une stratégie périlleuse qui risque de lui brûler les ailes et d’enflammer le pays.

Derrière des idées populaires de l’extrême droite se cache … le libéralisme

Outre les attaques continuelles de l’extrême droite contre les immigrés, l’extrême droite s’approprie certains thèmes de gauche ou des syndicats pour les détourner, mais derrière on retrouve toujours la même logique capitaliste, c’est une vraie imposture.

L’extrême droite reprend à son compte l’idée de la baisse des cotisations sociales pour augmenter le salaire net, mais oublie de dire que cela entraînera un moindre financement pour la protection sociale, la sécu et la retraite. Elle ne propose rien pour l’augmentation des salaires, pour l’augmentation du SMIC, pour la réduction du temps de travail.

Elle souhaite une nouvelle organisation du système de santé sans s’opposer aux fermetures de lits dans les hôpitaux et sans s’opposer aux suppressions de postes et souhaite augmenter le recours à la télémédecine pour pallier les problèmes liés aux déserts médicaux. La CGT s’oppose sur tous ces points à l’extrême droite.

Extrême droite et haine du syndicalisme

La haine du syndicalisme fait partie de l’ADN du fascisme historique et actuel. L’extrême droite nie la lutte des classes et souhaite anéantir les syndicats. Il revendique la création d’une nouvelle organisation où se retrouvent patrons et salariés au service de la nation. C’est ce que Mussolini appelait « la réconciliation entre les intérêts opposés des employeurs et des travailleurs et leur subordination aux intérêts supérieurs de la production ».

On ne peut pas dire que le gouvernement Macron adore les syndicats non plus, en effet, avec les ordonnances sur le code du travail qui ont permis la fusion des instances représentatives des salariés dans les entreprises (et donc la diminution du nombre de représentants) et la disparition des CAPA dans l’éducation nationale, il a fait d’énormes dégâts. Affaiblir les syndicats est devenu un sport national.

Que dire du Référendum à venir sur la préférence nationale si jamais Marine Le Pen est élue ?

Ce référendum permettrait d’inscrire dans la constitution le principe de préférence nationale, par conséquent, on inscrirait le principe de discrimination dans la constitution. Ceci permettrait d’interdire aux étrangers certains emplois, certains logements, certaines aides sociales, de restreindre drastiquement le droit d’asile, d’abolir le droit du sol, d’interdire les rapprochements familiaux ; c’est une attaque frontale contre la déclaration des Droits de l’Homme de 1789, contre le préambule de la Constitution de 1946 inspiré de la victoire contre le nazisme et contre la constitution gaulliste de 1958 qui reprend les deux textes précédents.

Une telle mesure romprait le principe fondamental de la réciprocité entre droits et devoirs. Les étrangers présents en France ont ainsi droit aux aides sociales parce qu’ils y contribuent. Mettre fin à ce principe essentiel de réciprocité reviendrait à franchir une limite très dangereuse car justifiant une infinité de discriminations qui deviendraient potentiellement légales puisque conformes à la Constitution. Dans une bien moindre mesure, la volonté de conditionner le RSA à une activité, comme le souhaite E. Macron, pose aussi le problème d’un contournement du principe de réciprocité, même s’il ne s’agit pas, en l’occurrence, de modifier la Constitution.

La priorité nationale ne fera que diviser les citoyens et libérera la parole raciste et xénophobe générant plus de discriminations envers les personnes étrangères, cela conduira à une fracture accrue de la société.

En outre, contrairement à de nombreux préjugés, nous savons depuis longtemps et de manière scientifiquement établie, que l’immigration :

  • n’entraîne pas une hausse du chômage et n’est pas non plus responsable des bas salaires : ces phénomènes sont les résultats d’un marché du travail capitaliste
  • ne coûte pas (ni ne rapporte significativement) d’argent à l’État
  • est de plus en plus nécessaire en France, du fait de la situation démographique

Et penser que les étrangers quitteront le territoire parce qu’ils ne reçoivent plus de prestations sociales, c’est du fantasme. Ceux qui sont là depuis longtemps ne repartiront pas mais seront plongés dans la misère.

Choisir entre la peste et le choléra ?

Suite à ce premier tour des élections présidentielles, nous voyons bien que le débat d’entre deux tours tournera autour de deux versions d’un même capitalisme, pourtant exsangue. Dans un cas, le système tourne mal du fait des étrangers et d’autre part le système tourne mal du fait du manque de travail des salariés.

Alors comment lutter ? En récréant du collectif aussi bien dans la sphère personnelle que professionnelle, en s’inscrivant dans les associations humanistes ou en se syndiquant. Nous sommes plus forts ensemble !

PAS UNE VOIX A L’EXTRÊME DROITE !

Pour quelles idées se bat la CGT Educ’action ?

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