CAPA PLP TITULARISATION STAGIAIRE : Déclaration CGT Éduc’action / SNUEP-FSU

CAPA PLP STAGIAIRES - 13 Juillet 2020

Nous sommes aujourd’hui réuni-es pour la CAPA PLP pour la titularisation des stagiaires. La CGT Educ’Action et le Snuep-FSU de l’académie de Clermont-Ferrand dénoncent le fait que cette CAPA soit convoquée alors que le document de travail fourni ne permet pas un travail précis et efficace en amont. Les CAPA ne sont pas une chambre d’enregistrement des décisions rectorales, mais bien un espace de travail où administration et organisation syndicales œuvrent dans l’intérêt des personnels – ici, les stagiaires. 

Cette année de stage, déjà éprouvante en temps normal, a été très particulière au vu de la situation vécue cette année par ces jeunes collègues.

Ils ou elles ont vécu les mêmes conditions et les mêmes difficultés que les PLP confirmés, pour poursuivre leur enseignement et garder le lien avec les élèves, dans un contexte d’incertitude quant à leurs conditions de validation de l’année de stage. Pendant plus de 6 semaines, ils ou elles ont du faire avec les « moyens du bord », c’est-à-dire avec leur matériel personnel, pour faire face à leurs missions pédagogiques, et ils ou elles  ont également poursuivi leur formation à distance à l’Inspé.

Au terme de cette année inédite, où ils ou elles ont pour l’écrasante majorité fait preuve de leurs capacités à exercer leur métier et à « innover » en matière pédagogique pour assurer l’enseignement à distance, certain-es de nos collègues ont été convoqué-es devant le jury de titularisation malgré leur engagement. Le contexte exceptionnel aurait du pourtant entraîner la titularisation automatique des stagiaires, sauf faute professionnelle grave ou souhait du stagiaire de renouveler son année. 

La CGT Educ’Action et le Snuep-FSU de Clermont-Ferrand demandent ainsi une plus grande souplesse dans la validation de cette année de stage et seront vigilant-es à ce que le taux de titularisation en cette fin d’année scolaire soit équivalent voire supérieur aux années précédentes. Ils seront aussi vigilants à ce qu’aucun.e stagiaire ne soit pas renouvelé.e et de fait soit licencié.e.  Les stagiaires n’ont pas à payer le prix d’une épidémie dont ils ou elles ne sont pas responsables.

De plus, nous profitons de cette dernière CAPA stagiaire – victime parmi d’autres de la fin programmée du paritarisme pour mieux affaiblir l’égalité des droits et le contre-pouvoir syndical –  pour dénoncer la réforme du concours et de l’Inspé. Cette reforme, est extrêmement dangereuse pour nos métiers car elle fait baisser l’importance de la formation disciplinaire au profit du « pédagogique » qui vise à faire de nous de simples répétiteurs de programme. Nous devons rester des professionnel-le-s de nos disciplines, professionnalisme qui garantit un niveau de savoirs permettant d’enseigner aux élèves. Nos sommes des experts et nous devons le rester. C’est à cette condition, entre autres, que nous pourrons garantir un service public d’éducation de qualité et plus égalitaire.

Nous déplorons aussi que les formations délivrées à Inspé de Clermont-Ferrand répondent à une logique de rentabilité. Nous nous opposons fermement à la suppression de la formation Lettres-Histoire, décidée d’un point de vue uniquement comptable puisqu’elle n’attirerait pas suffisamment de candidat.e.s. Cette formation est de qualité, avec un taux de réussite conséquent. Les stagiaires ne sont pas des « produits » que l’on peut déplacer au gré du marché, sous prétexte d’adaptabilité, et les formations dispensées ne peuvent pas être ouvertes ou fermées selon la loi marchande de l’offre et de la demande. Cette logique libérale détruit les formations et brise des futures carrières. Notre Éducation et ses professeurs ne sont pas des biens de consommation périssables, mais des travailleurs et des travailleuses œuvrant, de plus en plus fréquemment contre les mauvaises décisions édictées par les responsables politiques et la haute-administration, pour un service d’utilité publique.  

La CGT Educ’Action et le Snuep-FSU demandent la suspension de la “réforme” de la formation des enseignants ainsi que de l’ensemble des procédures afférentes pour permettre de nouvelles négociations.

Nous estimons cette réforme précipitée et impréparée. Dans les conditions d’aujourd’hui, il est complètement irréaliste de croire qu’elle pourrait être mise en œuvre à la rentrée de septembre 2020. Dans le même ordre d’idée, puisque les textes prévoient que tout changement de concours de recrutement enseignant fasse l’objet de publication de textes deux années auparavant, nous sommes donc pour maintenir le format actuel des concours pour 2022.