Bac pro version Blanquer : une 1ère session chaotique avant une disparition programmée de cette voie de formation ?

Moins nombreux que l’an passé, les lycéen.nes de bac professionnel ont ouvert la session 2022 du baccalauréat. Ils et elles ont passé leurs premières épreuves écrites de français et d’histoire-géographie ce mardi 14 juin. La voie professionnelle a été un des sujets de la campagne présidentielle et pour une fois, sur quelques ondes, le sort des lycéen.nes a percé le silence médiatique habituel. Pourtant rien de comparable au buzz déclenché par l’épreuve de philosophie des élèves de la voie générale et technologique. 

La session 2022 du bac pro entérine la réforme de la voie professionnelle mise en place par l’ex-ministre Blanquer et combattue par la CGT Éduc’action. Cette année, les élèves n’ont bénéficié d’aucun aménagement pour leurs épreuves alors même qu’ils.elles ont vécu une année perturbée par la crise sanitaire. La seule concession aura été la reconduction des seuils minimaux des PFMP pour valider le diplôme préparé. Notre organisation dénonce une fin d’année qui aura été particulièrement marquée par l’improvisation, le manque d’harmonisation et in fine la désorganisation suite à la mise en place des épreuves orales du chef d’oeuvre, des CCF de langues et l’oral en entreprise que beaucoup de collègues et la CGT Éduc’action jugent inadapté. 

Les annonces de Macrons (doublement des PFMP pour les terminales, fermetures de formation considérées comme non-insérantes, attaque sur les diplômes au profit des compétences et développement inconditionnel de l’apprentissage) laissent augurer du démantèlement de la voie professionnelle sous statut scolaire. 

Pour les élèves des milieux populaires, majoritairement accueilli.es dans nos LP, nous considérons au contraire qu’il est impératif de renforcer cette voie de formation dans le service public d’Éducation et de lui donner de toute urgence, tous les moyens que nous estimons nécessaires pour la réussite de toutes et tous. 

Montreuil, le 15 juin 2022