CAPA promotion d’échelons (3 juillet 2020) : Déclaration CGT Éduc’action – Snuep-Fsu

Nous sommes réunis aujourd’hui pour une CAPA d’avancement dans le cadre de la disparition des commissions paritaires. Avec l’adoption de la loi de transformation de la Fonction publique, c’est l’essentiel des CAPA et des groupes de travail sur la gestion des carrières et le mouvement qui sont supprimés. Tout concourt à entraver le travail des élu-e-s. Nous venons de vivre le premier mouvement intra sans aucune transparence : les mutations sont désormais gérées par la seule administration sans aucun droit de regard des élu-e-s des personnels sur la réalité, la qualité et le respect de l’équité dans la mise en œuvre des règles de mobilité. Il ne s’agit bien évidemment pas ici de faire le procès des personnels du rectorat de Clermont-Ferrand qui ont, pendant de nombreuses années, témoigné de leur attachement au dialogue social par les échanges incessants et productifs qui ont eu lieu. Nous savons aussi que la période de confinement, n’a pas facilité la tâche à ces mêmes personnels qui subissent eux-aussi les mêmes logiques libérales de réduction des coûts et des effectifs. Nous savons tout autant que le Recteur a la latitude pour malgré tout, informer en amont les commissaires paritaires des résultats de mutations. Ce n’est qu’une question de choix.

Le Service Public (avec des majuscules) est, nous le pensons, une des plus grandes constructions de l’histoire de notre pays. La tenue de commissions paritaires en était un des leviers démocratiques absolument indispensable par lequel un regard extérieur pouvait vérifier que les règles étaient respectées. Ne nous y trompons pas, ce retrait de l’espace public d’un bien commun est un jalon de plus dans la détermination de ceux et celles qui œuvrent à la disparition d’un modèle social construit au lendemain de la Seconde Guerre mondiale : en effet, tout pouvoir nécessite un contre-pouvoir alimenté par des règles communes et de contrôle, et non soumis à la seule autorité de quelques personnes.

Si nous insistons particulièrement sur la disparition de la gestion du mouvement par les instances paritaires plus que sur celle de la gestion des carrières actée pour 2021 (alors même que c’est l’avancement qui est censé nous occuper aujourd’hui), c’est que, pour cette dernière, la mise en place des PPCR a fortement diminué les différenciations d’avancement pour les personnels (seuls trois moments sont susceptibles de leur apporter un avancement accéléré de carrière) alors que le mouvement impacte de façon concrète tout le quotidien des collègues. Il ne nous paraît pas fortuit que l’impossibilité désormais de vérifier la gestion du mouvement soit concomitante du blocage de ce même mouvement de plus en plus grand que nous dénonçons avec constance depuis plusieurs années.

De plus, depuis mardi soir, nous sommes submergés par les sollicitations des collègues qui ont reçu les résultats de leur mutation. Nous avons, certes, toujours répondu aux attentes nombreuses de nos collègues mais leur détresse nous apparaît bien plus grande aujourd’hui. Nous l’avons dit et redit, le mouvement est un facteur de stress pour les collègues ; or, la manière « silencieuse » dont elle a eu lieu cette année, a des conséquences non négligeables sur la façon dont ils vivent leur mutation ou leur absence de mutation. L’impossibilité de comprendre pourquoi ils n’ont pas eu leur mutation, en l’absence de vérification possible des barèmes et des résultats, engendre un mal être encore plus important chez nos collègues et un sentiment d’injustice voire de mépris de l’institution déjà généré par les conditions de travail dégradées dont il a déjà été question dans ces murs. Tout cela dans un contexte très particulier, au cours duquel les enseignants, comme le reste de la population ont beaucoup donné, et ont subi aussi un certain nombre d’attaques qui renforcent ce sentiment d’injustice.

Cette pandémie a mis en lumière le manque criant de personnels dans tous les domaines, et la nécessité d’offrir des conditions de travail et d’étude meilleure. Mais finalement c’est tout l’inverse qui se fait avec la baisse du nombre de postes, la baisse des DHG et des réformes telle que les E3C ou les 2C2S, qui détruisent toujours un peu plus notre système public d’Éducation.

Ces atteintes directes au service public par le biais des représentants de l’État participe de la remise en cause globale du statut de la fonction publique et plus largement des conquis sociaux. L’annonce par notre président, Monsieur Macron, de relancer la réforme des retraites en témoigne.

Destruction de nos conquis sociaux et des instances démocratiques, le gouvernement a fait le choix du mépris dans une campagne de calomnie nous faisant passer pour des feignants, qui ramasseraient des fraises… mais aussi le choix des menaces et de la répression comme seul dialogue. Nous, apportons donc tout notre soutien à nos collègues et camarades et nous exigeons la levée des menaces de sanctions à Melle, Bordeaux, Nancy ou Clermont. La répression cherche à museler notre mécontentement et à envoyer un message fort à toutes nos professions, mais nous nous laisserons pas intimider. Plus que jamais, la CGT Educ’action et la FSU appellent les personnels à préparer une réponse d’ampleur à ces atteintes.

Les élu.e.s PLP CAPA.