Recrutement des chefs d’établissement dans le privé : un bon en avant vers la privatisation !

Comme la CGT Éduc’action l’avait dénoncé comme l’un des nombreux points problématiques de la réforme de la Fonction publique, adoptée pendant l’été 2019, le recrutement de chefs d’établissement issus du monde de l’entreprise refait surface. Cette mesure, qui ouvre les portes de la privatisation de l’école, devient aujourd’hui concrète puisque le projet de décret a été présenté au dernier CTM. La CGT Éduc’action s’y est évidemment fermement opposé. 

Si cette mesure aboutit, ce sont 100% des chefs d’établissement qui pourront être recrutés dans le secteur privé ou associatif. Certains établissements scolaires pourront donc avoir à leur tête des personnes qui n’ont rien à voir avec le monde de l’éducation. Les établissements seraient ainsi gérés par des managers dont le but essentiel sera de faire fonctionner l’école comme une entreprise, au mépris du bien être des élèves et des conditions de travail des personnel.e.s. 

L’épisode du Covid-19 de ces derniers mois a montré à quel point une gestion managériale du service public pouvait être catastrophique, tant l’idéologie qu’elle sous-tend va à rebours d’une gestion humaine et au plus près des besoins de toutes et tous. La Covid-19 a déclenché une crise seulement parce que les politiques libérales ont généré la baisse des moyens pour l’hôpital public. La gestion financiarisée et managériale des hôpitaux et ses conséquences ont montré la voie à ne pas suivre. Mais la raison libérale reste aveugle au principe de réalité. Pouvait-il par ailleurs en être autrement, de la part de Blanquer, ancien directeur de l’ESSEC, l’une des plus prestigieuses écoles de commerce en France ? 

Cette mesure participe à la casse de l’école publique et ne peut être qu’une mauvaise nouvelle. Elle vient engraisser la mécanique libérale appliquée à l’école, à l’heure où nous avons besoin de moyens humains et matériels, et d’une réorientation idéologique à l’opposé du projet que porte ce ministère. Couplée au recours massif de contractuel.le.s, cette mesure est une pierre de plus vers la privatisation de l’école. 

Ce ne sont pas de managers dont nous avons besoin mais de personnes au plus proches de l’école, qui connaissent les métiers qui le composent et qui soient au point sur les questions pédagogiques. 

NON À LA GESTION MANAGÉRIALE DE L’ÉCOLE ! 

NON AU RECOURS MASSIF DE CONTRACTUEL.LE.S ! 

POUR UN RECRUTEMENT DE PERSONNEL.LE.S TITULAIRES 
MASSIF ET À HAUTEUR DES BESOINS !