Déclaration CGT-FERC sup suite aux déclarations de Blanquer

Mardi 27 octobre 2020, 

La CGT FERC Sup dénonce avec la plus vive fermeté les déclarations publiques de M. Blanquer, ministre de l’Éducation nationale, selon qui « Ce qu’on appelle l’islamo-gauchisme fait des ravages […] à l’université »… Et il ajoute : « il fait des ravages quand l’UNEF cède à ce type de chose ». C’est avec stupéfaction que l’on entend un ministre de la République déclarer que l’université, dont les libertés académiques sont le fondement, contribuerait à nourrir ’une complicité intellectuelle avec le terrorisme’.

Si comme le rappelle la CPU l’Université devrait être un « lieu de débats et de construction de l’esprit critique », nous pouvons ajouter, avec la ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche qui a dû à son tour recadrer son homologue manifestement égaré, que c’est un espace de liberté et d’émancipation, un service public de découverte et de diffusion des nouvelles connaissances, ultime rempart contre les obscurantistes et les intégristes de tout poil.

N’en déplaise à M. Blanquer, les étudiant·es sont généralement majeurs et en tant que tels, des citoyennes libres de s’organiser comme ils et elles le souhaitent au sein de leurs syndicats étudiants, dans le cadre des règles démocratiques de notre République.

Quand aux enseignant·es, de la maternelle à l’Université, ils méritent toutes le respect de la nation, et au premier chef de leurs ministres de tutelle. Ce respect commence au travail. Les enseignant·es, comme leurs élèves et leurs étudiant·es, méritent des locaux sains, confortables et propices à l’étude. Les enseignant·es méritent des conditions de travail dignes et une rémunération à la hauteur de leur qualification et de leur expérience professionnelle.

Plutôt que de sillonner les plateaux de télévisions pour délivrer ses diatribes indigentes, confuses et calomnieuses, M. le ministre de l’Éducation Nationale ferait mieux de se mettre enfin au travail et de s’occuper un peu de son ministère.

La CGT FERC Sup, quant à elle, et comme elle l’a toujours fait, continue son combat contre les idées d’extrême-droite, d’où qu’elles viennent, et toutes les formes de racisme et de discrimination. A la différence du ministre de l’Éducation et de ses semblables, elle ne sépare jamais le combat contre l’obscurantisme de la revendication d’égalité et de justice sociale. Elle se bat pour un service public d’enseignement supérieur et de recherche laïque et émancipateur accessible à toutes et tous.