Rapport social unique de l’académie de Clermont-Ferrand – Groupe de Travail – 7 janvier 2026

RSU - doc officiel

Compte rendu de l'audiance

Le 7 janvier 2026 s’est tenu au rectorat de Clermont-Ferrand un groupe de travail consacré à la présentation du premier Rapport Social Unique (RSU) de l’académie.
La CGT Éduc’action de l’académie de Clermont-Ferrand salue la production de ce document, qui constitue une base de travail importante, mais a tenu à souligner de nombreuses lacunes, révélatrices des inégalités structurelles, de la dégradation des conditions de travail et du manque de reconnaissance de nombreux personnels.

Participants :

– Administration

Représentants du Rectorat, des DSDEN et de la DRH (RH enseignant·es, encadrement, IATSS, prestations, QVCT, informatique).

Organisations syndicales

  • CGT Éduc’action : Marie Chassaigne – FSU – FO – UNSA

Présentation du nouveau site RH

Une présentation du nouveau site RH académique a été faite.
La CGT s’associe aux remarques formulées par la FSU sur l’absence de féminisation des termes, révélatrice d’un manque de prise en compte de l’égalité professionnelle.
L’administration a indiqué que des remontées seraient possibles après la mise en ligne.

Le RSU : un document riche… mais révélateur d’inégalités majeures

1. Inégalités femmes / hommes : un constat alarmant

La CGT éduc’action a souligné que le RSU met clairement en évidence des inégalités persistantes :

  • salaires médians systématiquement plus faibles pour les femmes,

  • “recours” plus fréquent au temps partiel pour les femmes,

  • sous-représentation des femmes dans les postes à responsabilité.

Ces inégalités ont des conséquences concrètes sur la santé, les carrières et les pensions.
La CGT éduc’action exige que cette réalité donne lieu à de véritables plans d’action, et pas seulement à des constats.

2. Inégalités entre corps et statuts

Le RSU montre des écarts de rémunération considérables :
➡️ salaire médian le plus bas : 949 €
➡️ salaire médian le plus élevé : 4 575 €

Pour la CGT éduc’action, ces chiffres posent clairement la question de la hiérarchisation des métiers, de la précarité organisée et du manque de reconnaissance de nombreux personnels (majoritairement féminisés).

3. AESH : un scandale social toujours d’actualité

La CGT éduc’action a longuement insisté sur la situation des AESH :

  • salaires insuffisants,

  • précarité,

  • taux de démission extrêmement élevé (76.7%  de départs année 2023-2024),

  • manque criant de personnels malgré une inclusion affichée comme priorité.

La CGT éduc’action rappelle qu’un projet de loi visant à reconnaître les AESH en catégorie B était discuté au Sénat le jour même, preuve que la question est désormais nationale.

–> Pour l’administration : manque de moyens et difficultés de recrutement.
–> Pour la CGT : urgence salariale, statutaire et de formation.

4. Temps partiel : un durcissement inacceptable

Le RSU évoque une “prétendue” bienveillance académique sur les temps partiels pour convenances personnelles.
–>La CGT éduc’action conteste fermement cette analyse.

Sur le terrain, les personnels constatent au contraire un durcissement de la procédure avec depuis l’an dernier l’obligation de se justifier et des procédures alourdies.

La CGT éduc’action rappelle que le temps partiel est souvent une solution de survie professionnelle, en particulier en fin de carrière.

5. Santé au travail et fin de carrière : des signaux d’alerte ignorés

Les chiffres du RSU montrent :

  • une moyenne d’âge élevée pour les congés longue durée (environ 55 ans),

  • une dégradation nette de la santé des personnels à partir de 50 ans.

–> La CGT éduc’action alerte sur l’urgence de mesures de prévention :

  • temps partiels thérapeutiques (l’administration a déclaré les proposer aux personnes à temps partiel bénéficiant d’un RQTH),

  • allègements de service,

  • temps partiels facilités,

  • aménagements réels des fins de carrière.

Or, les allègements de service ne figurent même pas dans le RSU, ce que la CGT éduc’action a dénoncé.
L’administration a reconnu un oubli.

6. Stagiaires : une souffrance largement sous-estimée

La CGT éduc’action a exprimé sa vive inquiétude face :

  • aux pressions subies par les stagiaires,

  • à la peur permanente de la non-titularisation,

  • aux situations de burn-out.

Le RSU fait état de licenciements de stagiaires, ce qui pose clairement la question de l’accompagnement.
La CGT éduc’action a rappelé un cas concret d’une stagiaire licenciée après 25 ans de contractualisation, dossier que la CGT éduc’action continue de défendre.

7. Précarité et contractuel·les : manque de données, manque de transparence

La CGT a demandé :

  • des données sur les contractuel·les par discipline,

  • des informations sur les secondes carrières,

  • des données sur les postes à profil.

–> Réponse quasi systématique de l’administration : « trop compliqué ».

Pour la CGT éduc’action, ce manque de données empêche toute analyse sérieuse de la précarisation croissante de l’Éducation nationale.

8. Protection fonctionnelle, démissions, ruptures conventionnelles

La CGT éduc’action a interrogé l’administration sur :

  • les motifs de refus de protection fonctionnelle,

  • les raisons des démissions,

  • le devenir des dispositifs de rupture conventionnelle.

–> Là encore, peu ou pas de réponses précises.

Ce que la CGT retient

  • Le RSU confirme ce que la CGT éduc’action dénonce depuis des années :
    inégalités, précarité, souffrance au travail, manque de reconnaissance.

  • Trop de sujets essentiels restent absents ou insuffisamment documentés.

  • Les réponses de l’administration montrent une absence de volonté politique à traiter certains problèmes de fond.

Revendications portées par la CGT

  • Intégration des allègements de service dans le RSU

  • Données genrées et pluriannuelles

  • Reconnaissance statutaire et salariale des AESH

  • Facilitation des temps partiels, notamment en fin de carrière

  • Véritable politique de prévention santé

  • Meilleur accompagnement des stagiaires

  • Transparence sur la précarité et les contractuel·les

CGT Éduc'action Clermont-Ferrand