CAPA recours PPCR du 3 février 2026 : toujours autant d’injustices

La Commission Administrative Paritaire Académique (CAPA) consacrée aux recours PPCR s’est tenue le mardi 3 février 2026, en présence de la rectrice.

Des déclarations liminaires ont été faites par la FSU, FO, la CGT et la CFDT. L’UNSA et le SNALC n’ont pas fait de déclaration formelle.

Une chute spectaculaire des recours : un renoncement des collègues ?

La représentante de l’administration a présenté les chiffres :

  • En 2024-2025 : 538 recours, dont 34 examinés en CAPA.

  • En 2025-2026 : 15 recours gracieux, 12 dossiers finalement étudiés en CAPA (3 collègues n’ayant pas poursuivi la démarche).

La baisse est massive.

Pour l’administration, cette diminution traduirait une amélioration du dispositif PPCR et une plus grande satisfaction des personnels.

Pour la CGT, l’analyse est toute autre : face à un système d’avancement largement verrouillé, où les marges de progression sont réduites et les quotas strictement encadrés, de nombreux·ses collègues renoncent tout simplement à engager une procédure dont l’issue apparaît incertaine et négative.

Quand les possibilités d’évolution sont contraintes par des ratios prédéterminés, le sentiment d’injustice demeure, même si les recours formels diminuent.

Une question d’égalité professionnelle

Parmi les 12 dossiers examinés, on note une proportion d’hommes plus élevée que celle observée dans le corps enseignant, pourtant majoritairement féminin. Cette donnée interroge sur les mécanismes à l’œuvre dans les évaluations et sur la réalité de l’égalité professionnelle.

La CGT rappelle que l’égalité femmes-hommes ne peut se limiter à des déclarations d’intention : elle doit se traduire concrètement dans les déroulements de carrière.

Des marges d’intervention extrêmement limitées

Il a été rappelé que les recours en CAPA portent uniquement sur l’avis final de la rectrice, et non sur le contenu de l’inspection elle-même.

Dans plusieurs situations, l’administration a mis en avant la « cohérence » entre les items d’évaluation et l’avis final pour justifier le maintien des appréciations. Autrement dit : si les items et l’avis sont alignés, la CAPA ne peut que très difficilement modifier la décision.

Cette limitation du périmètre de recours pose problème.
Dans certains dossiers, la contestation portait moins sur la cohérence formelle que sur le caractère discutable — voire ressenti comme « à charge » — de l’inspection elle-même, notamment dans des contextes de classes difficiles. Or ces éléments échappent largement à la CAPA.

Cela réduit considérablement la portée réelle du droit au recours.

Les décisions : quelques améliorations à la marge

Sur les 12 dossiers examinés :

  • 4 avis ont été améliorés, passant de « très satisfaisant » à « excellent ».

  • Ces évolutions concernaient des situations où la majorité des items étaient déjà évalués « excellent », avec seulement trois items en « très satisfaisant ».

  • Les autres dossiers ont été maintenus à l’identique, y compris certains classés « à consolider » malgré des argumentations appuyées des représentants syndicaux.

Ces évolutions restent donc limitées et interviennent uniquement dans des cas où l’écart entre l’évaluation détaillée et l’avis final apparaissait manifeste.

Un PPCR toujours contraint par les quotas

Au final, cette CAPA illustre une nouvelle fois les limites du PPCR :

  • un système d’évaluation qui individualise les carrières,

  • des possibilités d’accélération contingentées,

  • un droit au recours étroitement encadré,

  • des marges de modification très restreintes.

La baisse du nombre de recours ne saurait être interprétée comme un satisfecit général. Elle traduit un découragement face à un dispositif perçu comme verrouillé.

La CGT continuera à défendre un déroulement de carrière transparent, équitable, déconnecté des logiques de quotas et respectueux de l’ensemble des personnels. Elle continue à revendiqué l’abrogation du PPCR.

CGT Éduc'action Clermont-Ferrand