Ce lundi 2 février, jour de CSA académique, la CGT Éduc’action, avec d’autres organisations syndicales, a appelé à la grève et la mobilisation pour dénoncer la saignée en cours dans l’Éducation nationale contre le plan social imposé aux personnels et aux élèves.
Face aux suppressions massives de moyens, à la dégradation des conditions de travail et à la casse organisée du service public d’Éducation, nous étions mobilisé·es devant le rectorat et dans l’instance, pour faire entendre la colère et les revendications des personnels.

Cette mobilisation a été particulièrement forte dans certains établissements. Au lycée Montdory, plus de 47 % des personnels étaient en grève, avec une présence massive devant le rectorat, pour exiger des moyens à la hauteur des besoins des élèves et refuser la dégradation continue des conditions d’enseignement.
Ces mobilisations montrent que les personnels ne sont ni résignés ni dupes, et qu’ils refusent collectivement cette politique d’austérité.
Le CSA académique (CSA A) s’est donc tenu dans un contexte de forte tension sociale. La CGT Éduc’action y est intervenue avec détermination pour porter la voix des personnels et refuser les logiques de tri social, de précarisation et de démantèlement du service public d’Éducation.
Un budget contre l’Éducation, pas pour l’égalité
La CGT a dénoncé des choix budgétaires nationaux qui sacrifient les services publics : suppressions massives de postes, explosion des effectifs par classe, recours accru aux heures supplémentaires, pendant que d’autres dépenses sont érigées en priorités politiques.
Ces orientations ont des conséquences directes dans notre académie, de l’école au lycée, et dégradent fortement nos conditions de travail. C’est 118 postes au totale donc 59 postes d’enseignant·es dans le 1er degré (document du rectorat) et 59 postes dans le 2nd degré !
Nous encourageons l’ensemble des personnels à s’organiser pour exiger des moyens à la hauteur des besoins et de se saisir des prochaines dates des CSA départementaux et académique à venir pour se mobiliser !
Collèges : -37 équivalent temps plein ! Nos collèges sont sacrifiés !
La CGT se félicite du recul imposé au ministère sur les groupes de niveaux obligatoires : une victoire arrachée par la mobilisation des personnels.
Mais la vigilance reste totale notamment face au plan des « 800 collèges » qui touche 14 collèges de notre académie, aux suppressions de moyens (–37 ETP), à la hausse des effectifs par classe et à la remise en cause de l’éducation prioritaire.
Dans le Puy-de-Dôme notamment, les classes surchargées deviennent la norme, sans aucun moyen supplémentaire.
Nous avons aussi questionné le Rectorat sur l’avenir des ateliers de Segpa.
Lire notre analyse ici et le document rectoral
Lycées généraux et technologiques : une saignée inacceptable
Les LGT subissent une baisse massive de DHG (–30 ETP), accompagnée d’une explosion des HSA.Ce choix accroît la pression sur les personnels, fragilise les collectifs de travail et ne répond en rien aux besoins des élèves.
La CGT a questionné le Rectorat sur le dispositif “Lycée fragile”
La CGT a également dénoncé l’inégalité territoriale dans l’accès aux enseignements de spécialité et le recours croissant à des solutions dégradées (CNED, enseignements en réseau).
Lire notre analyse ici et les documents rectoraux: DHG, HSA, carte des enseignements de spécialités
Lycées professionnels : réforme en échec et nouvelles atteintes aux conditions de travail
La CGT a rappelé son opposition totale à la réforme Macron du lycée professionnel : baisse des heures d’enseignement, parcours en Y inefficace, mise en concurrence des formations et dépendance accrue aux besoins immédiats des entreprises.Les moyens ne sont pas à la hauteur des besoins pour nos élèves.

La CGT s’est également opposée fermement à la dématérialisation des copies des épreuves nationales du baccalauréat professionnel, Nous avons questionné le rectorat sur cette mise en place et fait voté un vœu demandant l’abandon de cette mesure
Lire notre analyse ici et les documents rectoraux: DHG, HSA
Non aux PAS, oui à de vrais moyens pour l’inclusion
La CGT s’est opposée fermement au déploiement des Pôles d’Appui à la Scolarité (PAS), unanimement rejetés par les organisations syndicales.Ces dispositifs visent à contourner les notifications MDPH, à masquer le manque de moyens humains et à faire peser sur les équipes pédagogiques des décisions qui ne relèvent pas de leurs missions.
Nous continuons d’exiger :
- l’abandon des PAS et des PIAL,
- des créations de postes,
- un véritable statut pour les AESH, indispensables à l’école inclusive.
Lire le nos questions et notre vœu
La CGT s’est opposée à la réorganisation des agences comptable du Cantal
Cette réorganisation n’est pas une demande des agent·es et elle s’inscrit dans un contexte de forte dégradation des conditions de travail, en particulier pour les secrétaires généraux et les personnels administratifs.
Lire le compte-rendu du groupe de travail académique, notre vœu et les documents du rectorat
Défendre tous les personnels, sans exception
La CGT a porté les revendications de l’ensemble des personnels :
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Personnels de santé et sociaux : des effectifs dramatiquement insuffisants face à la crise de santé mentale des élèves,
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Personnels administratifs : aucune création de poste malgré une surcharge chronique, -1 ETP
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Stagiaires : silence inacceptable du ministère sur la réforme de la formation et des concours,
lire cette partie de notre déclaration
Défense des libertés
Défense des libertés pédagogiques (interdiction de l’étude des “mains d’or” de Bernard Lavilliers) et du droit syndical (non mise à disposition de salle pour la tenue d’une formation syndicale contre l’extrême droite), mis à mal par certaines décisions rectorales.
Lire nos questions, notre adresse à Bernard Lavilliers, et le Communiqué de la CGT
La CGT Éduc’action a rappelé lors de ce CSA A sa solidarité avec toutes les victimes des guerres, des politiques impérialistes et coloniales, et notamment avec le peuple palestinien, privé de droits fondamentaux, d’école, de soins et d’avenir.
Fermer les yeux sur ces violences, c’est accepter la brutalisation du monde. L’École ne peut être indifférente à ce qui détruit l’humanité.
Cette solidarité est aussi concrète et quotidienne, dans nos établissements.
Les politiques de chasse aux migrant·es, en France comme ailleurs, frappent directement nos élèves : jeunes menacé·es d’OQTF (signez la pétition pour Gary, élève à Roger Claustre), familles à la rue (notamment à l’école Aristide Briand à Clermont-Fd – RDV 18h vendredi 6 février devant la Préfecture de Clermont-Ferrand), parcours scolaires brisés par l’insécurité administrative.
La CGT Éduc’action a réaffirmé que l’École doit rester un lieu de protection, d’émancipation et de fraternité/sororité, jamais un espace de tri, de peur ou de délation.Nous apportons notre soutien plein et entier aux équipes éducatives et aux collectifs mobilisés pour défendre des élèves et des familles sans papiers ou sans hébergement, et rappelons que la solidarité n’est ni un délit ni une faute professionnelle.
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